Voyage rare pour «L’Origine du monde»: Courbet à l’honneur au musée Leopold à Vienne
Une statue du peintre français Gustave Courbet, réalisée par l’artiste Louis-Joseph Leboeuf, est exposée lors du vernissage de la première exposition monographique consacrée à Courbet au Musée Leopold, à Vienne, le 18 février 2026. ©Joe KLAMAR / AFP

Le mythique tableau L'Origine du monde de Gustave Courbet a exceptionnellement quitté la France pour rejoindre le musée Leopold, à Vienne, dans le cadre d’une vaste rétrospective consacrée au maître du réalisme. Autorisée à voyager à l’étranger pour la quatrième fois seulement, l’œuvre phare du musée d'Orsay est au cœur d’un accrochage réunissant 128 pièces, dont plusieurs rarement montrées hors de leur pays d’origine. L’exposition, qui met notamment en regard Le Sommeil et explore les dernières années suisses du peintre, se tient jusqu’au 27 juin et rend hommage à Sylvain Amic, disparu en 2025.

Le célèbre tableau L'Origine du monde de Gustave Courbet a quitté exceptionnellement la France dans le cadre d'une rétrospective ambitieuse de l'œuvre du peintre réaliste, montée par le musée Leopold de Vienne, en Autriche.

«C'est la quatrième fois seulement que l'œuvre est autorisée» à voyager à l'étranger, a déclaré mercredi à l'AFP, à la veille de l'ouverture au public, le directeur artistique du Leopold Hans-Peter Wipplinger.

Ce nu de Courbet (1819-1877) montrant la vulve et la poitrine d'une femme, réalisé en 1866 et exposé au musée d'Orsay à Paris, avait d'abord appartenu à Khalil-Bey, un diplomate ottoman en poste à Paris puis à Vienne, entre 1870 et 1872.

Il est resté un temps dans des collections privées austro-hongroises à Budapest, où il a passé la Seconde Guerre mondiale et n'a été exposé au public que très tardivement.

Il est au cœur de cette exposition, où il fait face au Sommeil, conservé lui au Petit Palais à Paris, peint la même année, vendu avec lui à Bey et qui représente un couple lesbien enlacé après une relation sexuelle.

La rétrospective compte parmi les plus importantes jamais consacrées à cet artiste majeur ayant bousculé les conventions.

Elle réunit, autour de la sulfureuse huile sur toile, 128 pièces, dont des dessins.

«Nous montrons pour la première fois les quatre dernières années de Courbet, qu'il a passées en Suisse», a précisé M. Wipplinger.

Beaucoup d'œuvres ont quitté pour la première fois les pays où elles sont conservées, permettant de rassembler dans un même lieu des motifs très divers, qu'il s'agisse de portraits, de paysages ou de natures mortes.

Le Leopold, qui possède lui-même deux toiles de Courbet, fait aussi dialoguer sa peinture avec celle de l'artiste contemporain franco-chinois Yan Pei-Ming, qui se revendique de son héritage.

L'exposition dure jusqu'au 27 juin.

Un hommage y est rendu à Sylvain Amic, le président des musées d'Orsay et de l'Orangerie, qui avait autorisé le départ de L'Origine du monde et est décédé brutalement en 2025, à l'âge de 58 ans.

Avec AFP

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