Iran–Russie: un accord secret de 500 millions d’euros pour des missiles sol-air
Une photo montre les traînées de missiles dans le ciel au-dessus de la ville d'Hébron, en Cisjordanie occupée par Israël, lors d'une nouvelle salve de missiles iraniens le 15 juin 2025. ©HAZEM BADER / AFP

Selon le Financial Times, l’Iran a conclu avec la Russie un accord secret d’armement d’environ 500 millions d’euros pour acquérir des milliers de missiles sol-air portables de dernière génération, dans le but de reconstruire ses défenses aériennes, fortement endommagées lors de la guerre de l’an dernier avec Israël.

Signé à Moscou en décembre, l’accord prévoit la livraison de 500 lanceurs  «Verba» et de 2.500 missiles «9M336» sur trois ans, selon des documents russes divulgués consultés par le FT et des sources proches du dossier. Le Verba, système guidé par infrarouge tiré à l’épaule, peut cibler missiles de croisière, avions volant à basse altitude et drones. Mobile et déployable par de petites unités, il permet d’établir des défenses dispersées sans dépendre de radars fixes.

Le contrat, évalué à 495 millions d’euros, prévoit des livraisons entre 2027 et 2029, même si certaines unités pourraient avoir été transférées plus tôt. Téhéran avait formulé sa demande en juillet, peu après un conflit de douze jours durant lequel les États-Unis s’étaient brièvement joints à Israël pour frapper des installations nucléaires iraniennes. Cette campagne avait fortement affaibli le réseau de défense aérienne iranien.

Les négociations ont été menées entre Rosoboronexport et la représentation à Moscou du ministère iranien de la Défense (MODAFL). D’après les documents consultés, chaque missile serait vendu 170.000 euros et chaque lanceur 40.000 euros. L’accord inclut également 500 dispositifs de vision nocturne. Ni le Kremlin ni les autorités iraniennes n’ont commenté auprès du journal.

Pour des experts cités par le FT, ces systèmes ne modifieront pas radicalement l’équilibre militaire face à Israël ou aux États-Unis, mais pourraient compliquer certaines opérations aériennes, notamment à basse altitude. L’accord illustre en tout cas le renforcement de la coopération militaire entre Moscou et Téhéran, déjà matérialisée par la fourniture de drones iraniens à la Russie et par la signature d’un traité bilatéral en janvier 2025.

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