Les forces américaines vont se retirer totalement de Syrie d'ici un mois
Des hommes regardent un véhicule blindé de combat américain résistant aux mines et protégé contre les embuscades (MRAP) se déplacer en convoi le long d'une autoroute à l'extérieur de Qamishli, dans la province de Hassaké, au nord-est de la Syrie, le 23 février 2026. Les États-Unis ont commencé le 23 février à se retirer de la base militaire de Qasrak en Syrie, toujours sous le contrôle des forces kurdes, a déclaré à l'AFP un responsable kurde qui a souhaité rester anonyme. ©Delil souleiman/AFP

Les forces américaines, qui ont commencé lundi à se retirer d’une base dans le nord-est de la Syrie, doivent mettre fin d’ici un mois à leur présence dans ce pays où elles dirigeaient la lutte antijihadiste, ont indiqué trois sources à l’AFP.

Le retrait américain intervient alors que le pouvoir central de Damas, soutenu par Washington, étend son autorité dans le pays et a rejoint la Coalition internationale antijihadiste.

Lundi, les États-Unis ont commencé à se retirer d’une importante base dans les régions encore sous contrôle des Kurdes, Qasrak, dans la province de Hassaké, selon un responsable kurde.

Une équipe de l’AFP a vu une colonne de dizaines de poids lourds, chargés de blindés et de préfabriqués, se dirigeant depuis la province de Hassaké, dernier bastion kurde, vers la frontière avec l’Irak.

Les forces américaines s’étaient déjà retirées de deux bases au cours des deux dernières semaines, al-Tanf (sud-est) et al-Chaddadi (nord-est).

«D’ici un mois, ils se seront retirés de Syrie et il n’y aura plus aucune présence militaire dans les bases», a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental syrien qui a requis l’anonymat.

Les États-Unis maintenaient un millier de militaires dans le pays dans des bases établies dans des zones échappant au contrôle de Bachar al-Assad, renversé en décembre 2024 par une coalition islamiste.

Ils menaient depuis ces bases des attaques aériennes contre le groupe État islamique (EI).

Frappes aériennes 

Washington avait mis en place la coalition internationale antijihadiste après la prise par l’EI en 2014 de vastes territoires en Syrie, à la faveur de la guerre civile, et en Irak.

L’EI a été vaincu en 2019 en Syrie, où les forces kurdes ont été en première ligne des combats, deux ans après sa défaite en Irak.

Mais il conserve des cellules dormantes dans les zones désertiques en Syrie et a appelé samedi, dans son premier message audio depuis deux ans, ses combattants à défier les nouvelles autorités syriennes dirigées par Ahmad al-Chareh.

Un diplomate, qui a refusé d’être identifié, a précisé à l’AFP que «le retrait devrait être achevé d’ici vingt jours» et que les États-Unis ne maintiendraient plus de bases en Syrie.

Ce diplomate d’un pays allié à Washington et Damas a indiqué que les États-Unis pourront désormais «mener des frappes aériennes en Syrie à partir de leurs bases dans la région».

Le responsable kurde a confirmé que «les forces de la coalition internationale vont mettre fin, dans une période allant de trois à cinq semaines, à leur présence qui aura duré environ 12 ans dans le nord et le nord-est de la Syrie».

12 ans de présence 

«Au cours des prochains jours, des convois vont transporter les équipements militaires et logistiques ainsi que les systèmes de radar et de missiles, depuis les deux bases restantes dans le nord et l’est de la Syrie», a-t-il ajouté.

Le responsable, qui a requis l’anonymat, faisait référence à la base de Qasrak et celle de Kharab al-Jir, également dans la province de Hassaké.

Le retrait américain intervient alors que les forces kurdes doivent être intégrées dans l’armée syrienne, conformément à un accord annoncé fin janvier entre les parties, sous la pression militaire de Damas.

Les États-Unis avaient estimé que «la mission initiale» des forces kurdes, en tant que principale force anti-EI, avait largement pris fin.

Après le déploiement des forces gouvernementales dans des zones dont les forces kurdes se sont retirées, l’armée américaine a transféré plus de 5.700 détenus membres présumés de l’EI de Syrie vers l’Irak, pour garantir leur surveillance.

Les prisons où ils étaient jusqu’alors détenus étaient contrôlées par les forces kurdes.

Les autorités ont par ailleurs évacué la semaine dernière le camp d’al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l’évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus.

Le retrait américain intervient alors que les États-Unis massent leurs capacités militaires autour de l’Iran, qu’ils menacent de frapper en cas d’échec à conclure un accord au sujet du programme nucléaire de Téhéran.

Par Gihad DARWISH et Bakr KASSEM/AFP

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