Washington accuse la Chine de renforcer «considérablement» son arsenal nucléaire
Un nouveau sous-marin nucléaire de classe Jin type 094A « Long March 10 » de la marine de l’Armée populaire de libération (APL) chinoise participe à un défilé naval marquant le 70e anniversaire de la fondation de la marine de l’APL, en mer près de Qingdao, dans la province orientale chinoise du Shandong, le 23 avril 2019. ©Mark Schiefelbein / POOL / AFP

Un responsable du gouvernement américain a accusé lundi, à Genève, la Chine d'avoir «considérablement renforcé» son arsenal nucléaire, réaffirmant que Pékin menait des essais secrets.

Selon Washington, l'expiration au début du mois du traité New Start, le dernier traité entre les deux principales puissances nucléaires, Washington et Moscou, offrait la possibilité de parvenir à un «meilleur accord», incluant Pékin. Mais la Chine a publiquement rejeté les appels à intégrer des négociations sur un nouveau traité trilatéral.

Christopher Yeaw, secrétaire d'État adjoint au contrôle des armements et à la non-prolifération, a estimé lundi devant la Conférence du désarmement à Genève que le traité New Start présentait une lacune de taille.

«Son principal défaut résidait peut-être dans le fait que New Start n'avait pas pris en compte le renforcement sans précédent, délibéré, rapide et opaque de l'arsenal nucléaire chinois», a-t-il affirmé.

«Malgré ses dénégations, la Chine a délibérément et sans contrainte développé massivement son arsenal nucléaire, sans transparence ni indication quant à ses intentions ou à ses objectifs», a-t-il accusé.

«Nous pensons que la Chine pourrait atteindre la parité nucléaire d'ici quatre ou cinq ans», a-t-il ajouté, sans donné plus de précisions.

Selon la coalition d'ONG ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires), prix Nobel de la paix, la Russie et les États-Unis possèdent chacun plus de 5.000 armes nucléaires.

Le traité New Start, qui a expiré le 5 février, limitait les deux pays à 1.550 ogives nucléaires déployées chacun, un seuil que Washington affirme que la Chine approche rapidement.

«Pékin est en passe de disposer des matières fissiles nécessaires à la fabrication de plus de 1.000 ogives nucléaires d'ici à 2030», a déclaré M. Yeaw.

L'expiration du traité New Start a marqué la fin de décennies de limitation contraignante des armes les plus destructrices de la planète, faisant craindre une nouvelle course aux armements.

M. Yeaw s'est félicité de la caducité du traité, insistant sur le fait que «ses limites numériques concernant les ogives et les lanceurs n'étaient plus pertinentes», compte tenu de violations présumées du traité par la Russie.

Il a également accusé Moscou de contribuer à «renforcer la capacité de Pékin à accroître son arsenal».

«L'expiration du traité est intervenue à point nommé», a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu'elle permettrait au président américain Donald Trump de progresser vers son «objectif ultime : un meilleur accord».

«L'expiration du traité et l'absence actuelle de tout traité de contrôle des armements nucléaires ne signifient pas que les États-Unis se désengagent du contrôle des armements ou l'ignorent», a-t-il affirmé, insistant : «Bien au contraire».

«Notre objectif est un meilleur accord pour un monde avec moins d'armes nucléaires».

AFP

 

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