Le président américain a consacré une large part de son discours sur l’état de l’Union 2026 aux crises internationales, en tête desquelles l’Iran, promettant qu’il ne permettra «jamais» à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.
Iran, Ukraine, Venezuela: Trump muscle le ton à l’international
Huit mois après avoir ordonné des frappes contre des installations nucléaires iraniennes, Donald Trump a affirmé devant le Congrès que les États-Unis avaient «anéanti» le programme nucléaire de la République islamique, tout en accusant Téhéran de vouloir le relancer. «Je préfère résoudre ce problème par la diplomatie», a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il «ne permettra jamais au premier sponsor mondial du terrorisme» d’obtenir la bombe.
Il a déclaré qu’il n’a pas encore entendu les mots explicites: «Nous ne construirons jamais d’arme nucléaire» — une exigence qu’il présente comme essentielle.
«En tant que président, je ferai la paix partout où je le pourrai, mais je n’hésiterai jamais à affronter les menaces contre l’Amérique lorsque cela sera nécessaire», a-t-il affirmé, ajoutant que « le régime iranien et ses proxies meurtriers n’ont répandu que le terrorisme, la mort et la haine» au cours des 47 dernières années.
Cette mise en garde intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran doivent avoir lieu jeudi à Genève. Le président a laissé «toutes les options sur la table», affirmant que l’Iran développait des missiles capables de menacer l’Europe, voire le territoire américain.
Sur l’Ukraine, M. Trump a assuré que son administration «travaille dur»» pour mettre fin à la guerre avec la Russie, évoquant des pertes de «25.000 soldats par mois» et répétant qu’un tel conflit «n’aurait jamais eu lieu» s’il avait été au pouvoir plus tôt. Il a également revendiqué avoir «mis fin à huit guerres» en dix mois.
Le président a par ailleurs mis en scène plusieurs séquences diplomatiques spectaculaires. Il a annoncé la libération de prisonniers politiques au Venezuela et salué la capture de l’ancien dirigeant Nicolás Maduro. Un pilote d’hélicoptère blessé lors du raid a reçu la «Medal of Honor» (médaille d’honneur). ,
Tarifs douaniers: défi à la Cour suprême
Sur le plan économique international, le chef de l’État est revenu sur la décision de la Cour suprême, ayant invalidé la plupart de ses droits de douane mondiaux. Qualifiant la décision de «très malheureuse», il a assuré disposer d’autres leviers juridiques et annoncé qu’ une action du Congrès ne sera pas nécessaire».
Donald Trump a même prédit que les recettes issues des tarifs pourraient «substantiellement remplacer l’impôt sur le revenu moderne», renouant avec le modèle fiscal des débuts des États-Unis — une projection jugée hautement improbable par de nombreux économistes.
Immigration et tensions dans l’hémicycle
Comme lors de ses campagnes précédentes, l’immigration a constitué le cœur politique du discours. Le président a vanté «la frontière la plus sûre de l’histoire américaine» et mis en cause les démocrates, les accusant d’avoir laissé prospérer une «invasion».
Le président a également annoncé une «guerre contre la fraude» confiée au vice-président JD Vance, ciblant notamment des programmes sociaux dans le Minnesota, la Californie et le Michigan.
Élections et accusations de fraude
À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, Donald Trump a exhorté le Congrès à adopter le SAVE America Act, imposant une preuve de citoyenneté et une pièce d’identité avec photo pour voter aux élections fédérales. Il a affirmé que «la triche est rampante».
Économie: « âge d’or »
Sur le front intérieur, le président a dressé un bilan très positif de sa première année de second mandat, affirmant que «l’inflation s’effondre», que les revenus augmentent et que «l’économie rugit comme jamais auparavant». Il a revendiqué un «retournement historique».
Il a défendu sa loi budgétaire phare, la «One Big Beautiful Bill Act», promulguée en juillet 2025, mettant en avant des exonérations fiscales sur les pourboires, les heures supplémentaires et certaines prestations sociales. Il a également plaidé pour interdire aux grandes entreprises d’acheter des maisons individuelles, limiter les transactions boursières des membres du Congrès et instaurer un nouveau plan d’épargne-retraite accessible aux salariés du privé avec contribution fédérale.
Santé, énergie et intelligence artificielle
Le président a réitéré sa volonté de réduire les coûts de santé, promettant davantage de transparence sur les prix et la poursuite d’un mécanisme de «nation la plus favorisée» pour les médicaments. Il a aussi annoncé un accord avec de grandes entreprises technologiques pour qu’elles financent leurs propres centrales électriques destinées à alimenter les centres de données liés à l’intelligence artificielle, afin d’éviter une hausse des factures d’électricité pour les ménages.
Un discours record sous le signe des 250 ans
D’une durée d’environ 1 heure et 48 minutes – le plus long discours sur l’état de l’Union jamais enregistré – l’allocution s’est conclue par un hommage à l’approche du 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance, célébré le 4 juillet prochain.
«Les 250 premières années n’étaient qu’un début», a lancé Donald Trump, affirmant que «l’âge d’or de l’Amérique est maintenant devant nous».
Dans un hémicycle profondément divisé, entre ovations républicaines et silence glacial démocrate, le président a ainsi livré un discours à la fois combatif et résolument tourné vers la campagne de 2026, mêlant patriotisme, promesses de fermeté et vision triomphaliste de l’Amérique contemporaine.



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