Les réactions dans le monde aux frappes américaines et israéliennes sur l'Iran
Une colonne de fumée s’élève après une explosion signalée à Téhéran le 28 février 2026. ©Atta Kenare / AFP

Les États-Unis et Israël ont annoncé samedi avoir lancé des frappes sur l'Iran, appelant les Iraniens à prendre le pouvoir. L'Iran a promis de répondre «fermement» à ces attaques et a répliqué par des tirs de missiles en direction d'Israël et de pays du Golfe.

Voici les principales réactions internationales, du soutien à la désapprobation, avec une grande inquiétude face aux risques d'escalade.

Iran

Le ministère des Affaires étrangères a promis que l'Iran «répondra fermement aux agresseurs», ajoutant que son pays avait fait «tout le nécessaire pour éviter la guerre».

Nations unies

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné «l'escalade militaire au Moyen-Orient» et appelé à «l'arrêt immédiat des hostilités».

Le Conseil de sécurité doit se réunir en urgence samedi à 21H00 GMT.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé à «éviter tout risque pour la sécurité nucléaire des populations» au Moyen-Orient.

Russie

La diplomatie russe a dénoncé une «aventure dangereuse» menaçant la région de «catastrophe» et visant à «détruire» un gouvernement qui a «refusé de se soumettre au diktat de la force et à l'hégémonisme».

L'ancien président et actuel secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a estimé que les États-Unis avaient montré leur «vrai visage».

Chine

Pékin «appelle à un cessez-le-feu immédiat (...) et encourage la reprise du dialogue», a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères.

«La souveraineté nationale, la sécurité et l'intégrité territoriale de l'Iran doivent être respectées», a ajouté le ministère.

Union européenne

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé toutes les parties à «la plus grande retenue», tout en condamnant les «attaques injustifiables» de l'Iran contre les Émirats arabes unis.

Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l'UE, a appelé à la «protection des civils et (au) respect du droit international humanitaire». Elle a convoqué une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE dimanche.

Royaume-Uni

Le gouvernement britannique a dit ne pas vouloir «voir la situation s'aggraver et dégénérer en un conflit régional plus large», a rapporté un porte-parole.

Le Premier ministre Keir Starmer a cependant indiqué que des avions de combat britanniques participaient à des «opérations défensives régionales coordonnées», et a jugé que l'opération israélo-américaine était «conforme au droit international».

France

«L'escalade en cours est dangereuse pour tous» et «elle doit cesser», a déclaré le président français Emmanuel Macron, qui a demandé une «réunion urgente» du conseil de sécurité de l'ONU et affirmé que la parole devait être «rendue au peuple iranien».

«La France n'a été ni prévenue ni impliquée» dans l'opération israélo-américaine, a-t-il remarqué.

Allemagne

Le gouvernement allemand défend une «reprise des efforts pour trouver une solution négociée», a déclaré le chancelier Friedrich Merz dans un communiqué.

Il a aussi appelé l'Iran à cesser «immédiatement» ses frappes militaires contre Israël et contre les autres «partenaires» au Moyen-Orient, une position reprise dans un communiqué commun avec les dirigeants français et britannique.

Liban

Le Liban n'acceptera pas d'être «entraîné» dans le conflit avec l'Iran, a déclaré son Premier ministre.

Le Hezbollah libanais, pro-iranien, a appelé «les États et les peuples de la région» à s'opposer à «l'agression» contre l'Iran.

Irak

Bagdad «condamne l’agression injustifiée contre la République islamique» d'Iran et «met en garde contre les conséquences», a déclaré Sabah Al-Numan, porte-parole militaire du Premier ministre.

Turquie

Le président Recep Tayyip Erdogan s'est dit «profondément troublé» par les attaques israélo-américaines contre l'Iran, mais a également condamné les frappes «inacceptables» de représailles de Téhéran dans le Golfe, estimant que tous les acteurs, «en particulier le monde islamique, doivent agir».

Qatar, Arabie Saoudite et Emirats

L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane appellent à «un retour à la table du dialogue», a indiqué le bureau de l'émir qatari.

Mohammed ben Salmane et le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, ont dans un échange séparé condamné les «flagrantes attaques iraniennes visant les Émirats arabes unis et plusieurs autres pays frères», selon l'agence émiratie WAM.

Autorité palestinienne

«L'État de Palestine condamne fermement les attaques iraniennes contre plusieurs pays arabes», selon un communiqué publié par l'agence officielle palestinienne Wafa.

Maroc

Le Maroc condamne avec «la plus grande fermeté» les frappes iraniennes «abjectes» ayant visé des «pays arabes frères», à savoir Bahreïn, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Koweït et le Qatar, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Pakistan

Le Pakistan condamne les «attaques injustifiées» contre l'Iran et «appelle à un arrêt immédiat de l'escalade», selon son ministre des Affaires étrangères.

Indonésie

Le président indonésien propose sa médiation entre Washington et Téhéran et «l’Indonésie appelle toutes les parties à faire preuve de retenue», selon son ministère des Affaires étrangères.

Inde

«Nous exhortons toutes les parties à faire preuve de retenue, à éviter toute escalade et à donner la priorité à la sécurité des civils», a déclaré le ministère des Affaires étrangères indien dans un communiqué. «La souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les États doivent être respectées», a-t-il plaidé.

Brésil

«Le gouvernement brésilien condamne et exprime sa profonde préoccupation concernant les attaques», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Ukraine

«La violence et l'arbitraire du régime iranien» sont «la cause des événements actuels», selon la diplomatie ukrainienne.

Le président Volodymyr Zelensky a estimé que les frappes américaines donnaient une «chance» au peuple iranien de se débarrasser d'un «régime terroriste».

Norvège

Les frappes ne sont «pas conformes» au droit international car «une attaque préventive suppose l'existence d'une menace imminente», a estimé le chef de la diplomatie norvégienne.

Afrique du Sud

Les frappes américaines et israéliennes constituent des «violations du droit international», a estimé le président sud-africain Cyril Ramaphosa, appelant à la retenue et au dialogue.

Union africaine

L'Union africaine a appelé à la «retenue, à la désescalade urgente et à un dialogue soutenu» pour éviter «d'aggraver l'instabilité mondiale».

Colombie

«Je pense que le président Trump s'est trompé aujourd'hui», a réagi le président colombien Gustavo Petro.

«L'ordre international ne peut pas périr, sinon ce sera la barbarie», a-t-il écrit sur X, estimant que la mort d'au moins 85 personnes dans une école de filles iranienne était «une catastrophe».

AFP

 

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