Répression, nucléaire, missiles...: les facteurs déclencheurs des frappes contre l'Iran
Une photo prise le 28 juin 2016 montre un avion de chasse F-16 D de l’armée de l’air israélienne décollant de la base aérienne de Ramat David, située dans la vallée de Jezreel, au sud-est de la ville portuaire israélienne de Haïfa. © Jack Guez / AFP

Les frappes israéliennes et américaines sur l'Iran résultent d'une combinaison de facteurs mêlant répression sanglante des manifestations de masse dans le pays et négociations dans l'impasse entre Téhéran et Washington sur des sujets existentiels pour la République islamique: nucléaire, missiles balistiques et proxies.

Manifestations réprimées dans le sang

Déclenchées en décembre pour dénoncer le marasme économique, des manifestations en Iran se sont rapidement mues en une contestation du pouvoir et ont été réprimées dans le sang en janvier.

Selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, plus de 7.000 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées dans la répression, un bilan provisoire faute d'accès à l'ensemble des actes de décès. En outre, plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis janvier.

Le président américain, Donald Trump a, lui, évoqué 32.000 morts, un nombre également avancé par des médias iraniens en exil.

Les responsables iraniens reconnaissent de leur côté plus de 3.000 morts dans les manifestations, mais imputent les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël.

Face à la répression brutale, Donald Trump avait d'abord promis le 13 janvier au peuple iranien que «l'aide était en route» et déployé une armada massive au Moyen-Orient mais avait temporisé.

Le programme nucléaire iranien

Les Occidentaux accusent depuis des années l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran nie.

Les États-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil, bien qu'il ait atteint un seuil de 60% d'uranium enrichi, un taux bien supérieur à un usage civil.

Dans la foulée des menaces proférées par Donald Trump à l'encontre de la République islamique pendant la répression des manifestations, Washington et Téhéran ont entamé des négociations indirectes pour tenter de parvenir à un accord.

Mardi, dans son discours sur «l'état de l'Union» devant le Congrès, le président américain a parlé des «sinistres ambitions nucléaires» de l'Iran.

Un troisième cycle de pourparlers s'est achevé jeudi à Genève, sans résultat. Washington insiste pour élargir la discussion à d'autres sujets comme les missiles balistiques et les alliés régionaux de Téhéran, ce que l'Iran refuse.

Les missiles balistiques

Donald Trump n'avait pas caché son vif mécontentement alors que Téhéran refusait d'aborder la question de son programme de missiles balistiques dans les dernières négociations.

Israël pousse aussi pour que ce sujet soit abordé, en dénonçant le danger que représente cet arsenal iranien de courte et moyenne portée pour la sécurité.

De son côté, Washington, qui avait déjà accusé l'Iran d'avoir développé des missiles capables de menacer l'Europe et ses bases militaires, estime que l'Iran pourrait se doter de missiles qui pourront atteindre «bientôt les États-Unis».

Mais la République islamique refuse de négocier sur ses missiles balistiques en faisant valoir son droit à l'autodéfense.

Les groupes pro-iraniens

Outre le changement de pouvoir en Iran, les États-Unis et Israël veulent anéantir «l'axe de la résistance» de l'Iran qui s'appuie sur des forces alliées dans la région qu'il arme et qu'il finance: les groupes islamistes Hezbollah au Liban et Hamas à Gaza, les rebelles Houthis au Yémen et les milices en Irak.

«Nous allons faire en sorte que les proxies terroristes de la région ne puissent plus déstabiliser la région ou le monde, ni attaquer nos forces», a lancé samedi Donald Trump.

«C'est une terreur de masse, et nous n'allons plus la tolérer. Du Liban au Yémen, de la Syrie à l'Irak, le régime a armé, entraîné et financé des milices terroristes qui ont aspergé la terre de sang et de tripes», a-t-il ajouté, rappelant «les monstrueuses attaques du 7-octobre contre Israël» menées par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Israël a également été la cible ces derniers mois d'attaques du Hezbollah et des Houthis.

Le président américain a par ailleurs rappelé les «innombrables attaques (de groupes pro-iraniens) contre les forces américaines stationnées au Moyen-Orient ces dernières années, ainsi que contre des navires militaires et commerciaux américains et les voies maritimes internationales».

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire