Aujourd’hui, avec la confirmation de sa mort lors des frappes israélo-américaines, l’Iran et le Moyen-Orient entrent dans une ère d’incertitude. La disparition de Khamenei marque la fin d’une époque : plus de trois décennies au sommet du pouvoir, où il a façonné la politique intérieure et régionale de l’Iran.
Son décès ouvre la voie à d’intenses luttes de succession au sein du régime, et pourrait profondément transformer la stabilité du pays et de la région. La diplomatie, la sécurité et l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient sont désormais confrontés à un tournant historique, alors que l’Iran devra composer avec un vide au sommet de son leadership religieux et politique.
Disparition historique
Ali Hosseini Khamenei, né le 19 avril 1939 à Mashhad, dans une famille de religieux chiites influents, a été l’une des figures les plus marquantes du Moyen-Orient moderne. Très tôt, il reçoit une éducation religieuse stricte et se forme dans les séminaires de Mashhad et de Qom, où il étudie le fiqh (jurisprudence islamique), le hadith et la théologie chiite.
Sa jeunesse est marquée par l’opposition au régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi, qu’il critique pour son autoritarisme, sa corruption et sa politique de modernisation perçue comme occidentalisante et anti-islamique.
Khamenei se distingue rapidement dans le mouvement révolutionnaire iranien, participant à l’organisation d’activités clandestines, de discours religieux et de manifestations contre le Shah. Son engagement politique et sa fidélité à l’ayatollah Ruhollah Khomeini lui valent une réputation de loyaliste discipliné et un profil public grandissant parmi les opposants religieux.
Ascension politique et présidence
Après la révolution iranienne de 1979, qui renverse le Shah et instaure la République islamique, Khamenei gravit rapidement les échelons du pouvoir. Il occupe divers postes clés, notamment député et maire de Tabriz, avant d’être élu président de l’Iran en 1981, à l’âge de 42 ans. Son mandat présidentiel est marqué par la guerre Iran-Irak (1980-1988), une période de mobilisation nationale intense et de souffrances humaines considérables.
Durant sa présidence, Khamenei s’efforce de maintenir l’unité du régime face aux tensions sociales et politiques, tout en jouant un rôle central dans le développement des capacités militaires et dans la formation de nouvelles générations de cadres politiques et militaires.
De président à Guide suprême
En 1989, à la mort de Khomeini, Khamenei devient Guide suprême, la plus haute autorité religieuse et politique de l’Iran. Cette position lui confère un contrôle quasi absolu sur le gouvernement, l’armée, le système judiciaire et le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), pilier de l’influence iranienne dans la région.
Sous sa direction, l’Iran a poursuivi un renforcement militaire et stratégique, incluant le programme nucléaire, les missiles balistiques et le soutien à des groupes alliés dans tout le Moyen-Orient. Khamenei a également exercé un contrôle strict sur la vie politique interne, réprimant les mouvements populaires et justifiant ces actions au nom de la sécurité nationale.
Idéologie et vision politique
Ali Khamenei incarne un mélange de rigueur religieuse et de pragmatisme politique. Sa doctrine repose sur le principe du Velayat-e Faqih, selon lequel un juriste religieux éclairé détient la responsabilité ultime du pays. Sur la scène internationale, il a adopté une rhétorique anti-occidentale et anti-israélienne, consolidant les alliances régionales de l’Iran avec le Hezbollah, le Hamas, les Houthis et diverses milices en Irak et en Syrie.



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