Il est des moments où la vraie loyauté exige de regarder en face ce qu'on vous a fait.
Ce moment est arrivé.
On vous a menti
On vous a dit que le Hezbollah était votre protection. Votre dignité. Votre voix dans un pays qui vous avait trop longtemps ignorés.
C'était un mensonge, habilement construit, longuement entretenu, mais un mensonge.
Le Hezbollah n'a jamais été votre mouvement. C'était celui de l'Iran. Construit par l'Iran, financé par l'Iran, orienté par l'Iran, pour servir les intérêts de l'Iran. Pas les vôtres. Les siens. Vous étiez la main qui tenait le fusil. Eux décidaient où il pointait.
Pendant quarante ans, vous avez payé cette facture à leur place. Vos fils sont morts dans des guerres dont les objectifs étaient fixés à Téhéran. Vos quartiers ont été rasés pour des calculs géopolitiques que personne ne vous a expliqués. Votre économie a été sacrifiée sur l'autel d'un « axe de la résistance » qui résistait à tout sauf à prospérer de votre misère.
Et aujourd'hui, Téhéran négocie sa propre survie. Sans vous consulter. Sans vous devoir quoi que ce soit. Comme il en a toujours été.
Regardez ce qu'ils ont fait de vous
Vos habitations ont été bombardées, non pas malgré le Hezbollah, mais à cause de lui. Ses tunnels creusés sous vos maisons. Ses dépôts d'armes dissimulés dans vos immeubles. Ses décisions de guerre prises sans vous demander si vous vouliez vous battre.
Ils ont fait de votre communauté un bouclier. Ils ont appelé ça de la résistance.
Ils ont saigné le Liban jusqu'à l'os, bloqué chaque tentative de le redresser, fait assassiner ceux qui osaient s'y opposer. Ils ont transformé un pays qui aurait pu devenir une puissance régionale en arrière-cour d'une révolution islamique qui n'a jamais été la vôtre.
Et ils vous ont demandé d'applaudir.
Ils sont finis. La question, c'est vous.
La défaite est là, l'arsenal décimé, la direction affaiblie, le parrain iranien qui vacille sous ses propres contradictions. Ce n'est pas une mauvaise passe. C'est la fin d'un modèle.
Le Hezbollah tel qu'il a existé n'a plus d'avenir. La vraie question n'est pas de savoir s'il survivra. C'est de savoir si vous allez sombrer avec lui.
Parce que c'est cela, le choix qui se pose à vous aujourd'hui. Non pas la résistance contre la capitulation. Non pas la fierté contre la honte. Mais simplement : appartenez-vous à ce mouvement, ou appartenez-vous à ce pays ?
Le Liban vous appartient. Eux, non.
Votre communauté est réelle, ancienne, légitime. Elle a des droits dans ce pays, une histoire dans ce pays, un avenir dans ce pays, un avenir que le Hezbollah vous a confisqué pendant quatre décennies pour le mettre au service de Téhéran.
Vous pouvez exiger d'être représentés autrement. Par des hommes et des femmes qui rendent des comptes ici, pas là-bas. Par des élus qui défendent vos intérêts dans les institutions, pas vos corps sur des champs de bataille décidés ailleurs.
Ce n'est pas trahir. C'est reprendre ce qui vous appartient.
Ils partiront. Vous, vous resterez.
Le Hezbollah passera, comme passent tous les mouvements qui se croient indispensables et finissent par dévorer ceux qu'ils prétendent défendre. L'Iran qui les a construits est en train de les lâcher. Le monde avance sans eux.
Mais vous, vous resterez. Vos enfants resteront. Dans ce pays. Dans cet État qui a besoin de vous, non comme soldats d'une milice au service de l'étranger, mais comme citoyens à part entière.
C'est cela, le choix.
Choisissez le Liban.

Commentaires