Après une attaque, Ryad interrompt certaines opérations à la raffinerie de Ras Tanura
La raffinerie saoudienne de Ras Tanura mise à l'arrêt après une attaque de drone ©Karim Jaafar / AFP

Le ministère saoudien de l'Énergie a annoncé que certaines opérations de la gigantesque raffinerie de Ras Tanura, située sur la côte du Golfe, ont été interrompues lundi après une attaque ayant provoqué un incendie.

L'annonce intervient alors que l'Iran a lancé un nouveau barrage de missiles dans la région, à la suite du conflit déclenché ce week-end par les États-Unis et Israël contre la République islamique.

La raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus grandes de la région avec une capacité de 550.000 barils de pétrole brut par jour, constitue une composante essentielle du secteur énergétique du royaume.

«Certaines unités opérationnelles de la raffinerie ont été mises à l'arrêt par précaution, sans aucun impact sur l'approvisionnement des marchés locaux en produits pétroliers», a précisé une source officielle du ministère, dans un communiqué transmis à l'agence de presse officielle saoudienne SPA.

Plus tôt, une source informée des faits avait indiqué à l'AFP que l'attaque avait provoqué un incendie dans la raffinerie, mais que le feu avait été maîtrisé.

Selon un porte-parole du ministère saoudien de la Défense, cité par l'agence SPA sur X, deux drones ont visé la raffinerie et ont été interceptés.

Le complexe de Ras Tanura est également l'un des plus grands ports pétroliers au monde.

Pour Torbjorn Soltvedt, analyste chez Verisk Maplecroft, l'attaque constitue «une escalade conséquente, l'infrastructure énergétique du Golfe se trouvant désormais directement dans le viseur de l'Iran».

«L'attaque pourrait également rapprocher l'Arabie saoudite et les États du Golfe voisins d'une participation aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran», a-t-il ajouté dans une note sur le conflit.

L'Arabie saoudite a vivement critiqué l'Iran ce week-end après que la République islamique a visé Ryad et sa région orientale. Le royaume a averti qu'il se réservait le droit de se défendre.

Les infrastructures pétrolières saoudiennes ont déjà été ciblées par le passé par les rebelles Houthis soutenus par l'Iran.

En mars 2022, les Houthis avaient lancé une attaque de drones contre la raffinerie YASREF, située dans la ville industrielle de Yanbu, sur la mer Rouge.

En 2019, des frappes aériennes revendiquées par les Houthis contre deux installations d'Aramco dans l'est de l'Arabie saoudite avaient temporairement mis hors service la moitié de la production de pétrole brut du royaume.

AFP

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