Guerre au Moyen-Orient: le dollar profite de la hausse des prix du pétrole
Un tableau affiche l’état du marché alors que des traders travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE) le 12 novembre 2025 à New York. ©Spencer Platt / Getty Images via AFP

Le dollar grimpe lundi, les investisseurs privilégiant cette devise traditionnellement considérée comme une valeur refuge face au conflit en cours au Moyen-Orient, les États-Unis étant moins vulnérables à l'envolée des cours du pétrole et du gaz que d'autres pays.

Le billet vert surfe sur «la flambée des prix de l'énergie et la hausse de la demande de valeurs refuges», alors que «les États-Unis restent largement indépendants sur le plan énergétique, contrairement à l'Europe et à une grande partie de l'Asie», qui sont des régions importatrices, indique Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.

Après les frappes israélo-américaines sur l'Iran au cours du week-end, Téhéran a répliqué avec des attaques de missiles contre les pays de la région. La guerre s'étend désormais au Liban, où Israël a lancé des raids qui pourraient durer.

Les principaux armateurs mondiaux évitent désormais le stratégique détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la consommation mondiale de pétrole, et des installations énergétiques ont été visées dans la région, ce qui perturbe l'approvisionnement mondial.

Dans ce contexte, le dollar est une devise prisée car c'est celle dans laquelle le pétrole est libellé.

Par ailleurs, les États-Unis sont le premier producteur mondial de pétrole et de gaz.

À l'inverse, «l'euro et le yen sont liés à des pays importateurs», et «lorsque la facture énergétique augmente», leur «monnaie en subit les conséquences», souligne Stephen Innes, de SPI AM.

Vers 16H25 GMT (17H25 à Paris), le billet vert gagnait 1,15% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,1677 dollar pour un euro. Il montait aussi de 1,14% face au yen, et de 1,44% face au franc suisse.

La hausse des prix de l'énergie est en outre susceptible de compromettre le ralentissement de l'inflation, ce qui pourrait dissuader la Réserve fédérale (Fed) d'abaisser ses taux directeurs trop vite au risque de ne pas pouvoir la freiner.

«Le marché s'interroge sur la pertinence de deux baisses des taux américains cette année» qu'il anticipait jusqu'ici, relève M. Innes.

Après avoir plus nettement monté en début de séance, l'or prenait à peine 0,37%, à 5.298,26 dollars l'once, et l'argent perdait 6,20% à 87,7165 dollars l'once.

Ces métaux précieux sont en effet des valeurs refuges concurrentes du billet vert et pâtissent de sa force.

Le bitcoin, souvent considéré comme un actif plus risqué, montait pour sa part de 6,24% à 69.616,06 dollars.

Les marchés «sont partagés quant à la probabilité d'une nouvelle escalade», et le rebond des cryptomonnaies montre que certains investisseurs tablent sur un «risque contenu à court terme», estime Dessislava Ianeva, analyste chez Nexo.

 

Cours de lundi    Cours de vendredi

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16H25 GMT  22H00 GMT

EUR/USD   1,1677     1,1812

EUR/JPY   184,16     184,36

EUR/CHF   0,9115     0,9085

EUR/GBP   0,8736     0,8764

USD/JPY   157,71     156,05

USD/CHF   0,7806     0,7693

GBP/USD   1,3367     1,3482

AFP

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