Trump critique le Royaume-Uni et l’Espagne sur leur position vis-à-vis de l’Iran
Le président américain Donald Trump assiste à une réunion avec le chancelier allemand Friedrich Merz dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 3 mars 2026. ©Andrew Cabellero-Reynolds / AFP

Le président américain Donald Trump a dénoncé mardi le Royaume-Uni et l’Espagne pour ne pas soutenir pleinement son attaque contre l’Iran, menaçant de mettre fin à «tous les échanges commerciaux» avec l’Espagne.

«Je ne suis pas satisfait du Royaume-Uni», a déclaré Trump, ajoutant à propos du Premier ministre britannique Keir Starmer : «Ce n’est pas Winston Churchill avec qui nous avons affaire».

Le Royaume-Uni, allié fidèle des États-Unis lors des deux guerres mondiales et des conflits en Irak et en Afghanistan, a choisi de ne pas participer à l’assaut contre l’Iran lancé samedi par Trump et Israël.

Starmer a précisé que les avions de combat américains pourraient utiliser deux bases aériennes britanniques à des fins «défensives spécifiques et limitées» : l’une dans le Gloucestershire, dans l’ouest de l’Angleterre, et l’autre à la base conjointe UK-US de Diego Garcia dans l’océan Indien. En revanche, les bases britanniques à Chypre, dont l’une a été frappée par un drone iranien, ne sont pas autorisées pour des opérations américaines.

Trump a critiqué les difficultés logistiques liées à Diego Garcia : «Il nous a fallu trois ou quatre jours pour déterminer où nous pouvions atterrir. Cela aurait été beaucoup plus pratique ailleurs». Il a également exprimé sa colère contre la décision de Starmer de restituer les îles Chagos à Maurice et de ne pas céder la base de Diego Garcia.

Concernant l’Espagne, Trump a reproché au gouvernement de gauche de Pedro Sanchez de ne pas avoir permis aux États-Unis d’attaquer l’Iran via des bases traditionnellement utilisées par les forces américaines.

«L’Espagne a été terrible», a-t-il affirmé, annonçant avoir demandé au secrétaire au Trésor Scott Bessent de «couper tous les échanges avec l’Espagne». Trump a également pointé le refus de Sanchez de rejoindre les alliés de l’OTAN dans un engagement visant à porter les dépenses de défense à 5 % du PIB, niveau que Trump juge nécessaire, estimant que les États-Unis supportent trop de charges.

Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a réagi aux propos du président américain en assurant que l'Espagne était «un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde», dont les États-Unis.

«Si l'administration américaine souhaite revoir (sa relation commerciale avec l'Espagne), elle devra le faire dans le respect de l'autonomie des entreprises privées, de la légalité internationale et des accords bilatéraux entre l'Union européenne et les États-Unis», indique ce communiqué.

«Notre pays dispose des ressources nécessaires pour contenir d'éventuels impacts, aider les secteurs qui pourraient être affectés et diversifier les chaînes d'approvisionnement», est-il aussi écrit.

Il reste toutefois incertain de savoir quels moyens Trump pourrait légalement utiliser pour «mettre fin» au commerce avec l’Espagne, après que la Cour suprême a invalidé son usage des pouvoirs d’urgence pour imposer des tarifs arbitraires à d’autres pays.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait précédemment indiqué que son gouvernement n’autoriserait l’utilisation des bases navales de Rota et aérienne de Morón que pour des activités conformes à la Charte des Nations unies.

AFP

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