L'armée israélienne déclare que l'Iran utilise des armes à sous-munitions
Israël affirme que l’Iran a utilisé des missiles à sous-munitions dans ses frappes. ©OLIVIER FENIET / AFPTV / AFP

L'armée israélienne a déclaré vendredi que l'Iran avait utilisé des missiles armés de têtes à sous-munitions dans ses frappes visant Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine lancée le 28 février contre la République islamique.

L'armée n'a fourni aucune indication précise sur le lieu ou la date de tels tirs. Des images vidéo tournées par l'AFP jeudi à la nuit tombée dans le centre d'Israël ont montré dans le ciel une nuée de points incandescents tombant vers le sol.

Interrogé sur ces images par l'AFP, Etienne Marcuz, spécialiste de balistique à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), estime qu'elles correspondaient aux sous-munitions libérées par un «MRBM (missile balistique de moyenne portée, ndlr) à sous-munitions antipersonnelles», vraisemblablement un missile iranien de type Ghadr ou Emad.

«A priori il y en a 80 par tête», a-t-il ajouté.

Les Iraniens «utilisent des sous-munitions. Ils les ont utilisées de manière simultanée à de multiples reprises, ce qui est un crime de guerre quand c'est dirigé vers des civils, et nous suivons de près cette situation», a déclaré à la presse le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne, sans plus de détails.

Victimes dans la durée 

Les armes à sous-munitions sont conçues pour libérer sur une zone un nombre important de petites charges explosives. Outre le fait qu'elles ont un périmètre d'effet étendu, une partie de ces charges n'explose pas lors de l'impact et peut donc faire des victimes dans la durée.

L'Iran et Israël ne sont ni signataires ni parties à la convention sur les armes à sous-munitions de 2008 qui interdit l'usage, la production, le stockage ou la dissémination de telles armes.

Vendredi, la police israélienne a diffusé un message vidéo à la population dans lequel un de ses techniciens en déminage explique les dangers des bombes à sous-munitions.

«Pendant la guerre actuelle, le front intérieur est confronté à une variété de menaces, qu'il s'agisse de missiles, de drones ou de roquettes. Je vais vous parler d'une menace un peu moins connue, mais pas moins dangereuse: la menace des munitions à sous-munitions», explique le technicien.

La police avait dit mercredi qu'un missile à sous-munitions avait visé Israël, sans préciser le lieu ni la date de ce tir.

«Après une inspection sur place par des experts en déminage de la police, il a été déterminé que l'objet est une pièce d'armement de type +sous-munitions+», avait-elle écrit dans un communiqué publié après une alerte concernant un projectile tiré depuis l'Iran.

La censure militaire interdit aux journalistes de filmer ou de faire état de dégâts à des installations militaires ou sécuritaires. Pour ce qui est des dégâts dans des zones civiles, les journalistes sont autorisés à en parler et à en diffuser des images, mais sans préciser leur localisation exacte.

Amnesty International avait affirmé que l'Iran avait fait usage de missiles à sous-munitions contre des zones civiles en Israël pendant la guerre qui a opposé les deux pays en juin 2025. L'ONG avait alors dénoncé une «violation flagrante du droit international humanitaire coutumier».

AFP

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