Le Liban saigne à 60 millions de dollars en deux jours
©Ici Beyrouth

La guerre dans laquelle le Hezbollah a entraîné le Liban met une nouvelle fois en lumière l'extrême vulnérabilité de l'économie libanaise face aux chocs géopolitiques. Dès le déclenchement des hostilités, l'activité économique s'est brusquement contractée.

Selon une évaluation préliminaire de sources au sein des organismes économiques, les pertes enregistrées dans les différents secteurs productifs ont atteint près de 60 millions de dollars au cours des deux premiers jours de la guerre, soit une chute d'environ 30 % de l'activité économique.

Le secteur commercial apparaît comme le plus durement touché. Il concentre à lui seul près de 70 % des pertes, soit environ 20 millions de dollars par jour. À l'inverse, l'industrie semble, pour l'heure, relativement moins affectée, avec des pertes estimées à près de 3 millions de dollars.

Dans le commerce, l'impact reste toutefois très contrasté. Les produits alimentaires et les dérivés pétroliers enregistrent une forte demande, alimentée par les comportements de stockage des ménages. À l'opposé, les secteurs de l'habillement, des chaussures, de l'ameublement et de l'automobile sont quasiment à l'arrêt, frappés par un gel brutal de la consommation (un phénomène classique en période de conflit).

Du côté de l'industrie, malgré un ralentissement du marché lié aux comportements de consommation de précaution, il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif. Pour l'instant, les opérations d'importation et d'exportation se poursuivent sans perturbations logistiques majeures.

Selon le président de l'Association des industriels libanais (AIL), Salim Zeeni, plusieurs entreprises disposent encore de stocks de produits finis couvrant environ trois mois de production, ainsi que de réserves de matières premières pouvant tenir jusqu'à huit mois. Dans l'industrie agroalimentaire, les usines disposent d'environ deux mois de stocks d'aliments transformés et de trois mois de matières premières.

Mais cette relative marge de manœuvre reste fragile : plus le conflit se prolonge, plus les capacités de production, les chaînes d'approvisionnement et l'activité économique dans son ensemble risquent de s'éroder, alourdissant un bilan déjà marqué par des pertes humaines et matérielles croissantes.

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