Donald Trump a multiplié samedi les déclarations sur la guerre contre l’Iran, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays poursuivrait «de toute sa force» le conflit, avec pour objectif «d’éradiquer le régime».
La guerre s’est également étendue au Beyrouth, où l’armée israélienne a frappé un bastion du mouvement libanais pro-iranien Hezbollah dans la banlieue sud de la ville.
Le ministère libanais de la Santé a rapporté que huit personnes avaient été tuées dans d’autres frappes dans le sud du Liban.
Téhéran a continué ses attaques contre ses voisins abritant des forces américaines, à l’aide de missiles et de drones.
Des systèmes de défense aérienne ont intercepté des roquettes tirées contre l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad.
A Manama, une forte explosion a retenti dans la capitale dans la nuit, a constaté un journaliste de l’AFP.
«Nous avons un plan méthodique, avec de nombreuses surprises, pour éradiquer le régime et permettre le changement», a affirmé dans la soirée Benjamin Netanyahu.
L’armée israélienne a indiqué avoir mené 3.400 frappes en une semaine, tandis que Washington en a rapporté 3.000.
Retour des dépouilles américaines
Au début de la guerre, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique instaurée en 1979.
Si Washington souhaite la chute du pouvoir — le guide suprême Ali Khamenei ayant été tué dès le premier jour du conflit — l’objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques iraniennes et d’empêcher le pays de se doter de l’arme nucléaire, ce que l’Iran dément.
Dans les rues de Téhéran, des barrages de contrôle ont été instaurés. Selon un habitant de 40 ans ayant requis l’anonymat, les magasins restent ouverts et des marchandises sont «disponibles», même si «tout est devenu un peu plus cher».
Les autorités iraniennes ont recensé environ un millier de morts depuis le début de la guerre, dont environ 30% d’enfants, des affirmations que l’AFP n’a pas pu vérifier.
Téhéran a notamment accusé le tandem Israël-Etats-Unis d’avoir bombardé une école le premier jour du conflit, frappe qui aurait fait plus de 150 morts selon les autorités iraniennes.
Samedi, Donald Trump a estimé que l’Iran était responsable de ce bombardement, mettant en cause le manque de «précision» de l’armée iranienne.
Donald Trump venait de participer, coiffé d’une casquette blanche, à une cérémonie pour le retour des dépouilles des six premiers soldats américains tués dans la guerre, des réservistes déployés au Koweït.
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«Piégés» -
Plusieurs responsables iraniens ont affirmé qu’ils n’avaient aucune intention de capituler.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ari Larijani, a estimé que les Etats-Unis s’étaient «piégés» en misant sur une résistance de courte durée : «Ils pensaient que ce serait comme au Venezuela : ils frapperaient, prendraient le contrôle et ce serait fini».
Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a déclaré que Téhéran poursuivrait ses attaques dans certains Etats de la région, affirmant détenir des «preuves» que ces pays se sont «mis à la disposition de l’ennemi».
Les pays du Golfe assurent que leurs territoires ne sont pas utilisés pour attaquer l’Iran.
Samedi, un conducteur pakistanais a été tué à Dubaï par la chute de débris d’un projectile intercepté.
D’autres attaques ont visé le Koweït, où la compagnie pétrolière nationale a annoncé avoir baissé sa production de manière «préventive», ainsi que l’Arabie saoudite.
«Désastre humanitaire»
Donald Trump a déclaré sur Truth Social qu’il n’avait «plus besoin» de porte-avions britanniques, affirmant que «nous avons déjà gagné».
Les forces armées américaines ont commencé à utiliser des bases britanniques pour des «opérations défensives», selon Londres. Des bombardiers B-1 de l’US Air Force ont notamment atterri sur la base RAF de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre.
Au Liban, un «désastre humanitaire» se profile, a averti le Premier ministre Nawaf Salam, avec le déplacement de plus de 450.000 personnes et environ 300 morts depuis que le pays a été entraîné dans la guerre après l’attaque du Hezbollah contre Israël pour «venger» la mort de l’ayatollah Khamenei.
Par les bureaux de l'AFP à Téhéran, Beyrouth, Jérusalem, Bagdad et Washington)



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