Les pays du Golfe ont fait état dimanche de nouvelles attaques de missiles et de drones, dont le Koweït sur les réservoirs de carburants «vitaux» de son aéroport, alors que l’Iran effectue des annonces contradictoires sur la poursuite des frappes sur ses voisins.
L'Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar ont rapporté de nouvelles attaques, malgré les excuses du président iranien auprès de ses voisins du Golfe la veille, pour les frappes les ayant ciblés.
«Les forces armées koweïtiennes ont répondu à une vague de drones hostiles qui ont pénétré l’espace aérien du pays», a écrit un porte-parole du ministère de la Défense du Koweït sur X.
«Les réservoirs de carburant de l’aéroport international de Koweït ont été attaqués par des drones», a-t-il précisé, dénonçant une opération de «ciblage direct d’une infrastructure vitale».
Quelques minutes plus tard, l’armée du pays du Golfe a dit sur le même réseau social être aux prises avec «des attaques de missile et de drone», sans les dénombrer.
Le Qatar a été samedi la cible de 10 missiles balistiques et de deux missiles de croisière iraniens, a déclaré son ministère de la Défense, précisant que huit engins avaient pu être interceptés.
Deux missiles balistiques «sont retombés dans les eaux territoriales du Qatar» et les deux restants «sur une zone inhabitée sans faire de victime», indique le communiqué du ministère diffusé tôt dimanche.
Le ministère saoudien de la Défense a de son côté dit tôt dimanche avoir intercepté 15 drones, sans mentionner de dégâts ou de victimes.
«Huit drones ont été interceptés et détruits après être entrés dans l’espace aérien» et six autres ont été neutralisés «à l’est de Ryad», a détaillé le porte-parole du ministère saoudien sur X, signalant un peu plus tard un quinzième drone intercepté et détruit à l’est de la capitale.
Ces attaques se poursuivent en dépit des excuses du président iranien Massoud Pezeshkian présentées samedi à ses voisins du Golfe pour les frappes les ayant ciblés. Il a affirmé qu’ils ne seraient plus attaqués, sauf si des frappes étaient lancées depuis leurs territoires.
Mais le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a lui affirmé plus tard samedi que l’Iran poursuivrait ses attaques contre des sites dans des pays voisins utilisés dans «l’agression» contre lui, invoquant des «preuves» que certains pays de la région se sont «mis à la disposition de l’ennemi».
Infrastructures civiles
Samedi, la région a déjà été secouée par des attaques similaires.
Un Pakistanais a notamment été tué par des débris de drone à Dubaï, centre financier et touristique des Emirats arabes unis.
Le ministère émirati de la Défense a fait état d’attaques de missiles et de drones venant d’Iran à deux reprises après avoir dit plus tôt dans la journée que le pays avait été visé par 16 missiles balistiques et 121 drones. Une interception près de l’aéroport de Dubaï a notamment entraîné la suspension des opérations samedi matin, avant une reprise partielle des vols.
Le président émirati, Cheikh Mohamed ben Zayed, a reconnu samedi que le pays était dans une «situation de guerre» dans une rare intervention télévisée sur la chaîne Abu Dhabi TV.
Le ministère saoudien de la Défense a affirmé avoir détruit trois missiles balistiques se dirigeant vers la base aérienne du prince Sultan et qu’un autre est tombé «dans une zone inhabitée», ainsi que 17 drones interceptés sur le gisement de pétrole de Shaybah (sud-est).
La Jordanie a accusé l’Iran d’avoir directement visé des installations stratégiques dans le royaume.
Certaines attaques concernant les pays du Golfe depuis le début du conflit ont visé des infrastructures civiles, tandis que l’Iran affirme ne viser que des intérêts ou bases américains.
Ainsi, la compagnie pétrolière nationale du Koweït a annoncé avoir baissé sa production, en invoquant les attaques iraniennes contre le pays et les menaces «contre la sécurité du passage des navires dans le détroit d’Ormuz», point de passage clé pour les hydrocarbures du Golfe.
Par Sahar AL ATTAR, avec Sofiane ALSAAR à Ryad/AFP



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