Trump: Le prochain dirigeant iranien «ne tiendra pas longtemps»
Le président américain Donald Trump assiste à une table ronde sur le sport universitaire dans la East Room de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 6 mars 2026. ©Anna Moneymaker / Getty Images Via AFP

Donald Trump a prévenu dimanche que le nouveau guide suprême iranien «ne tiendra pas longtemps» sans son aval, et ce avant même que le nom du successeur d'Ali Khamenei tout juste choisi ne soit dévoilé.

«Il va devoir obtenir notre aval. S'il n'obtient pas notre aval, il ne tiendra pas longtemps», a menacé le président américain, alors que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a réaffirmé que le choix du successeur de l'ayatollah Ali Khamenei incombe au «peuple iranien» et à «personne d'autre».

Le nouveau guide suprême a été choisi dimanche par l'Assemblée des experts, composée de membres du clergé élus au suffrage universel, pour remplacer Ali Khamenei, qui était au pouvoir depuis 1989 et a été tué au premier jour de la guerre, le 28 février.

Depuis son décès, circule parmi les prétendants le nom de son fils Mojtaba Khamenei, considéré comme l'une des personnalités les plus influentes du pouvoir. Pour ce poste dévolu à un religieux, est également évoqué le nom d'Hassan Khomeini, le petit-fils du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Rouhollah Khomeini.

Israël a d'ores et déjà annoncé mercredi que le nouveau guide suprême serait «une cible».

Donald Trump, qui au début de la guerre avait enjoint le peuple iranien à renverser la République islamique, avait déjà fait savoir jeudi qu'il n'accepterait pas que Mojtaba Khamenei prenne la relève. Washington affiche comme objectif la destruction des capacités balistiques de l'Iran et l'empêcher de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément avoir.

«Irrespirable»

La désignation du nouveau guide suprême survient alors que l'Iran, toujours secoué par d'intenses frappes, assure être prêt à «au moins six mois de guerre», faisant fi des appels à la "capitulation inconditionnelle" lancés par Donald Trump. Ce dernier a évoqué un possible envoi futur de troupes au sol en Iran pour contrôler les stocks d'uranium enrichi du pays.

Dimanche après-midi, des explosions ont été entendues dans la capitale, déjà plongée au petit matin dans l'obscurité et enveloppée d'un voile noir, selon les journalistes de l'AFP.

L'armée israélienne a dit avoir frappé «plusieurs» réservoirs de carburant utilisés selon elle pour faire fonctionner les infrastructures militaires, avant d'annoncer dans l'après-midi avoir frappé le QG de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, force d'élite de la République islamique.

Il s'agit de la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le 28 février.

Aux abords, des forces de sécurité en imperméable, pour se protéger des retombées toxiques, et munis de masques de protection respiratoire, filtrent la circulation. Les vitres des immeubles résidentiels aux alentours ont été totalement soufflées par des explosions.

La distribution d'essence est désormais limitée à 20 litres par véhicule, et des files d'attente s'étirent le long des stations-service de Téhéran, a constaté l'AFP dimanche, jour de reprise en Iran après une semaine fériée décrétée après la mort d'Ali Khamenei.

«L'air est devenu irrespirable», témoigne une habitante jointe par téléphone depuis Paris. «La guerre est en train de s'étendre. Ce n'est pas ce que nous voulions. Nous ne voulions pas qu'ils bombardent nos richesses nationales pour nous rendre encore plus pauvres que nous ne le sommes déjà».

Selon le dernier bilan du ministère iranien de la Santé, plus de 1.200 personnes ont été tuées et plus de 10.000 civils blessés, des affirmations que l'AFP n'a pas pu vérifier.

«Irresponsables» 

Le président iranien Massoud Pezeshkian a redit dimanche que «si l'ennemi tente d'utiliser le territoire d'un pays pour lancer une agression contre notre territoire, nous serons forcés de riposter».

Le chef de la Ligue arabe qualifie d'«irresponsables» les attaques de l'Iran sur ses voisins.

La Chine et la Russie restent quant à elles largement en retrait malgré leurs liens étroits avec Téhéran.

Le conflit paralyse une grande partie des flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe. Le détroit d'Ormuz demeure au centre des inquiétudes, avec quelque 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transitent habituellement.

AFP

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