Pékin se dit opposée à une action qui viserait le nouveau Guide suprême iranien
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi ©Peter Parks / AFP

Pékin s'est dit lundi opposé à toute action étrangère qui viserait le nouveau Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei.

«La Chine s'oppose à toute ingérence dans les affaires intérieures d'autres pays, sous quelque prétexte que ce soit, et la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale de l'Iran doivent être respectées», a dit lors d'un point presse régulier un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Guo Jiakun, interrogé sur des menaces américaines et israéliennes.

Israël a prévenu mercredi que le nouveau Guide suprême iranien serait «une cible», avant même la désignation de Mojtaba Khamenei. Le président américain Donald Trump a dit que le nouveau Guide suprême «ne tiendra pas longtemps» sans son aval.

Le porte-parole chinois a présenté la nomination de Mojtaba Khamenei comme une affaire intérieure iranienne.

«Nous avons pris connaissance des informations à ce sujet. Il s'agit d'une décision prise par la partie iranienne conformément à sa Constitution», a-t-il dit.

Pékin a exprimé sa colère face aux opérations militaires américaines et israéliennes et à la mort de l'ancien Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre et auquel succède Mojtaba Khamenei.

«La Chine appelle (les parties) à cesser immédiatement les opérations militaires, à reprendre le dialogue et les négociations dès que possible et à éviter toute nouvelle escalade des tensions», a répété le porte-parole.

Plus de 80 % des exportations de pétrole iranien étaient à destination de la Chine avant la guerre, selon la société d'analyse Kpler.

Le pétrole iranien représentait en 2025 13 % des importations chinoises de pétrole, selon Kpler. La Chine est directement impactée par le blocage du détroit d'Ormuz: plus de la moitié de ses importations de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par le détroit, selon Kpler.

Les experts jugent pourtant improbable que la Chine sacrifie ses intérêts et fasse front face aux États-Unis pour porter secours au partenaire iranien, a fortiori quelques semaines avant une possible visite du président Trump en Chine fin mars, début avril.

Pékin s'est employé sur le front diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi s'est entretenu ces derniers jours avec un certain nombre d'homologues. Pékin a désigné un émissaire pour mener une médiation.

Ce dernier, Zhai Jun, a rencontré dimanche le ministre saoudien des Affaires étrangères Fayçal ben Farhane, a indiqué lundi le ministère chinois des Affaires étrangères. Il s'est également entretenu avec Jasem al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), selon les Affaires étrangères chinoises.

AFP

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