Les taux d'intérêt des dettes souveraines grimpent à nouveau partout en Europe lundi, dans la foulée de la nouvelle flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient, qui ravive les craintes d'un regain d'inflation sur le continent.
Vers 11H00 (heure de Paris), le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette française bondissait à 3,58%, contre 3,51% vendredi en clôture. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Son équivalent italien grimpait lui de 0,07 point de pourcentage par rapport à la dernière séance, à 3,69%. Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans atteignait de son côté 4,73%, contre 4,62% vendredi en clôture.
Les échéances à long terme, à 30 ans, ou à court terme, à 2 ans, connaissaient aussi d'importantes hausses.
Seuls les taux d'intérêt de l'Allemagne grimpaient modérément, la dette allemande jouant encore un rôle de «valeur refuge» pour les investisseurs, selon Alexandre Baradez, responsable de l'analyse des marchés à IG France, interrogé par l'AFP.
Les emprunts d'État sont boudés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran et les représailles de Téhéran sur plusieurs pays de la région.
«Le retour des pressions inflationnistes» en raison de la hausse des prix des hydrocarbures est «l'un des principaux sujets d'inquiétude» des marchés, explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
L'envolée historique des prix du pétrole lundi, qui dépasse désormais les 100 dollars le baril, inquiète encore davantage en Europe, où les pays importent massivement leurs hydrocarbures.
Certains investisseurs redoutent une vague inflationniste, comme celle provoquée par la hausse des prix du gaz après l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Or, une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Par ailleurs, une inflation élevée met davantage les banques centrales sous pression pour adopter une politique monétaire restrictive, impliquant une hausse de leurs taux directeurs.
AFP



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