Kiev a annoncé l'envoi d'experts militaires ukrainiens au Moyen-Orient pour aider des pays du Golfe à repousser les attaques de drones iraniens, un domaine que l'armée ukrainienne connaît bien.
L'Ukraine est visée quasi-quotidiennement par des centaines de drones russes longue portée de type Shahed, une arme de conception iranienne que Moscou a copié et produit désormais massivement sous le nom de Gueran-2.
C'est ce modèle de drones que l'Iran a lancé sur des pays du Golfe et Israël pour riposter aux bombardements israéliens et américains le visant.
Voici un aperçu des méthodes utilisées par Kiev pour lutter contre ces appareils, qui, depuis des mois, déferlent presque chaque nuit sur son territoire.
Drones d'interception
Des entreprises ukrainiennes de défense ont développé des drones d'interception: des appareils peu onéreux, à usage unique, conçus pour percuter et neutraliser les appareils longue portée de type Shahed.
Ces intercepteurs sont contrôlés généralement en temps réel par des pilotes au sol.
L'année dernière, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait publié des images filmées depuis des intercepteurs au moment où ils s'écrasaient sur des drones russes. Il en a ordonné la production de jusqu'à un millier par jour.
Cette méthode prend de plus en plus d'importance. Mardi dernier, le commandant en chef des armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, a affirmé que les «drones-intercepteurs» avaient permis d'abattre plus de 70% des drones russes ayant approché Kiev et ses banlieues en février.
Le prix d'un intercepteur peut aller de 700 à 12.000 dollars. Même les modèles les plus chers représentent une fraction du prix d'un missile tiré par les batteries antiaériennes Patriot, dont le coût est estimé à plus d'un million de dollars.
«La guerre a beaucoup changé. Au début, c'était des drones contre des humains, des soldats et des chars. Maintenant, c'est surtout des drones contre d'autres drones», a récemment expliqué à l'AFP Konstantyn, commandant adjoint d'une unité antiaérienne déployée dans l'est de l'Ukraine.
Mitrailleuses et lance-missile portatif
L'armée ukrainienne dispose également de moyens antiaériens plus traditionnels et plus ou moins improvisés, comme des mitrailleuses lourdes déployées sur des trépieds ou à l'arrière de camionnettes.
À Kiev, des journalistes ont vu et entendu à plusieurs reprises ces unités au travail lors d'attaques nocturnes.
Les troupes ukrainiennes utilisent également des missiles sol-air tenus à l'épaule et tirés par des fantassins. Des armes prévues initialement pour abattre des appareils volant à basse altitude, comme les hélicoptères.
Ces armes portables sont utilisées de manière combinée avec des radars et des systèmes permettant de repérer et tracer les cibles.
Chasseurs et hélicoptères
L'Ukraine a fait pression pendant des mois sur ses alliés occidentaux pour obtenir des avions de chasse modernes F-16, de fabrication américaine, dont elle a reçu son premier lot à la mi-2024.
Kiev n'a pas reçu beaucoup de F-16 et des problèmes de formation des pilotes ukrainiens ont été signalés, mais ils font partie de l'arsenal aérien utilisé par l'Ukraine pour abattre les drones de type Shahed.
L'armée de l'air ukrainienne déploie également des appareils plus anciens d'origine soviétique pour abattre les drones russes, notamment des hélicoptères comme les Mi-24 et Mi-8, ou encore de vieux avions d’entraînement et de voltige Yak-52.
Brouillage électronique
L'Ukraine déploie divers appareils électroniques destinés à brouiller les systèmes de navigation utilisés par les drones de type Shahed pour verrouiller leurs cibles et s'en approcher.
Ces moyens de guerre électronique peuvent contraindre les drones russes à modifier leur trajectoire au-dessus de l'Ukraine et à retourner vers la Russie.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, ses troupes interceptent ou abattent plus de 80% des drones russes longue portée entrant sur son territoire.
AFP



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