Soulagement sur les marchés: les prix du pétrole reculaient et les Bourses rebondissent mardi après des propos du président américain Donald Trump, qui a assuré la veille que la guerre avec l'Iran est «quasiment» finie.
Vers 8H10 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, reculait de 8,95% à 86,29 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord perdait 8,85% à 90,20 dollars. Les deux références ont chuté de plus de 10% en début de séance.
Côté gaz, le TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait en baisse de 16,04%, à 47,40 euros le mégawattheure.
Les cours des hydrocarbures ont connu une hausse spectaculaire ces derniers jours face aux difficultés d'approvisionnement depuis les pays du Golfe, en raison de la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz à cause de la guerre au Moyen-Orient.
Mais les investisseurs saluent désormais le «message +rassurant+ de Donald Trump», explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Dans une déclaration à une journaliste de la chaîne CBS, le président américain Donald Trump a déclaré lundi soir que la guerre était «quasiment» finie, faisant valoir que l'Iran n'avait plus de «marine» ni de «communications» ou de «force aérienne».
Il a également dit qu'il «réfléchissait à prendre le contrôle» du détroit d'Ormuz et qu'il allait lever certaines sanctions sur le pétrole «afin de réduire les prix».
Les Bourses rassurées
Ces remarques du président américain ont «complètement changé la donne», explique à l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. L'administration Trump «en est arrivée à un point où ils réfléchissent au coût» de la guerre, mais aussi «aux marchés».
Elles ont «apaisé les craintes d'un conflit à long terme susceptible de déclencher un choc +stagflationniste+», une situation très inconfortable pour une économie, combinant forte inflation et faible croissance, selon les analystes de la Deutsche bank.
Dans ce contexte, les Bourses rebondissent partout, dans la foulée de Wall Street la veille.
En Europe, dans les premiers échanges vers 8H10 GMT, Paris prenait 1,72%, Francfort 2,05%, Londres 1,38% et celui de Milan 2,42%.
La veille, les indices du Vieux Continent avaient tous fini dans le rouge.
En Asie, Séoul, s'est envolé de 5,35%, après avoir dévissé lundi de presque 6%. À Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en hausse de 2,88%, au lendemain d'une chute de quelque 5%. La Bourse de Taipei a rebondi de 2,06%, Hong Kong de 1,99%.
Les taux reculent mais la nervosité demeure
Autre conséquence du soulagement des marchés: le recul des taux d'intérêt des dettes souveraines européennes qui avaient nettement grimpé ces derniers jours, en raison des craintes du regain d'inflation sur le continent avec la flambée du prix des hydrocarbures que les pays européens importent massivement.
Vers 8H10 GMT, le taux d'intérêt allemand à échéance dix ans reculait à 2,82%, contre 2,85% la veille en clôture.
Son équivalent français reculait à 3,42%, contre 3,51% lundi soir. Avant le début de la guerre en Iran, il évoluait autour de 3,20%.
Le taux d'intérêt italien cédait lui 0,10 point de pourcentage par rapport à la dernière séance, à 3,50%. Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans atteignait de son côté 4,56%, contre 4,64% lundi soir.
Reste que «l'incertitude va perdurer» car «le conflit au Moyen-Orient se poursuit à plein régime, les développements politiques ne laissent pas entrevoir de résolution à court terme», tempère Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
«Les investisseurs restent nerveux et réagiront immédiatement à toute escalade du conflit», résume Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont d'ailleurs déjà affirmé lundi qu'ils «décideront de la fin de la guerre», en réponse à Donald Trump, et sur le terrain, les affrontements se poursuivent.
AFP



Commentaires