L'insécurité alimentaire dans le monde pourrait atteindre un nouveau record en raison de la guerre au Moyen-Orient, a alerté mardi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.
«Si le conflit au Moyen-Orient se poursuit jusqu'en juin, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë en raison de la hausse des prix», a déclaré le directeur exécutif adjoint du PAM, Carl Skau, lors d'un point de presse à Genève.
«Cela porterait les niveaux de faim dans le monde à un record, et c'est une perspective terrible», a-t-il dit.
Selon une nouvelle analyse du PAM, près de 45 millions de personnes supplémentaires pourraient ainsi sombrer dans une insécurité alimentaire aiguë, voire pire, «si le conflit ne prend pas fin d'ici le milieu de l'année et si le prix du pétrole reste supérieur à 100 dollars le baril», indique l'organisation dans un communiqué.
Ces personnes s'ajouteraient aux près de 320 millions de personnes dans le monde qui souffrent déjà d'insécurité alimentaire aiguë dans le monde.
Selon le PAM, lorsque la guerre en Ukraine a éclaté en 2022, faisant flamber les prix des denrées alimentaires, l'insécurité alimentaire aiguë dans le monde avait atteint un niveau record, touchant 349 millions de personnes.
Les dernières projections du PAM indiquent que le monde risque «de faire face à une situation similaire dans les mois à venir si le conflit au Moyen-Orient se poursuit».
«Bien qu'en 2026 le conflit» au Moyen-Orient «concerne une plaque tournante énergétique mondiale et non une région céréalière, l'impact potentiel est similaire, car les marchés de l'énergie et de l'alimentation sont étroitement liés», explique le PAM.
Le détroit d'Ormuz par lequel transite un cinquième du volume mondial d'hydrocarbures est de facto fermé au trafic maritime par Téhéran, en réponse à l'offensive militaire engagée fin février par les États-Unis et Israël.
AFP



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