Berlin et Paris appellent à la «désescalade» pour éviter une «crise» mondiale
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot (à gauche) et le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul quittent les lieux après avoir tenu une conférence de presse conjointe à l’issue de leurs entretiens au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 18 mars 2026. ©TOBIAS SCHWARZ / AFP

Les chefs de la diplomatie allemande et française ont appelé mercredi à la «désescalade» au Moyen-Orient, le chemin inverse pouvant plonger «le monde entier dans une crise des plus graves».

La guerre déclenchée le 28 février par les frappes d'Israël et des États-Unis sur l'Iran comporte un «potentiel d'escalade qui peut plonger non seulement cette région, mais le monde entier dans une crise des plus graves», a dit le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul lors d'un point presse avec son homologue français à Berlin.

Il a cité l'exemple de «l'approvisionnement en engrais» à partir de cette région, «si essentiel qu'en cas de rupture prolongée, une crise alimentaire menace de grandes parties de l'Afrique» et pourrait aussi provoquer «un afflux de réfugiés» quittant ce continent.

C'est «l'économie mondiale» qui risque de souffrir de «l'escalade militaire» dans la région, a abondé le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.

Le gouvernement israélien poursuit, avec son allié américain, sa stratégie de décapitation des autorités iraniennes, au 19ᵉ jour d'une guerre qui embrase le Moyen-Orient, déstabilise le Liban et paralyse la production et le transport des hydrocarbures de la région.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a promis un conflit long et dévastateur.

Si un «changement de régime» est «possible» et «souhaitable», selon Johann Wadephul, les précédents engagements militaires en Irak et Libye n'ont mené ni «à un changement de régime ordonné», ni à «une structure libérale, démocratique et fondée sur l’État de droit».

M. Wadephul, qui dit «dialoguer avec l'opposition» iranienne, privilégie une «évolution vers un régime humaniste» venant «de l'intérieur du pays» plutôt qu'«imposée militairement de l'extérieur».

Les autorités iraniennes actuelles doivent «se résoudre à des concessions majeures et un changement radical de posture» menant à «une solution politique» qui permette «la coexistence pacifique de l'Iran» avec ses voisins et à son peuple «de construire librement son avenir», a abondé M. Barrot.

AFP

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