Les Français votent dimanche pour le deuxième tour des élections municipales, un scrutin indécis dans de nombreuses grandes villes dont la capitale Paris, sur fond de division de la gauche et de poussée de l'extrême droite.
La majorité des électeurs ayant déjà désigné leur conseil municipal le 15 mars, ce second tour concerne un peu plus de 1.500 communes, dont la plupart des grandes villes, où environ 17,1 millions d'électeurs sont appelés à voter.
Les premiers résultats sont attendus à partir de 20H00 (19H00 GMT), peu après la fermeture des derniers bureaux.
Les listes ayant atteint 10% des voix au premier tour pouvaient se maintenir, mais l'entre-deux-tours a été marqué par une succession d'alliances, mariages de raison, fusions, désistements et excommunications, rendant les pronostics difficiles.
Les électeurs se mobilisaient au second tour dans des proportions similaires au premier tour (48,90%) à 17H00 (16H00 GMT). La participation, historiquement faible au premier tour (57%), hormis la période du Covid, pourrait être similaire au second selon les estimations d'instituts de sondage. Elabe, Ipsos-BVA et l'Ifop anticipent une participation de 57%, et Opinionway de 57,5%.
Les reports de voix donneront une idée des rapports de force à un an de la présidentielle de 2027. La gauche est divisée mais s'entend souvent au niveau local, la droite résiste mais craint d'être phagocytée par une extrême droite en progression, et le centre-droit du président Emmanuel Macron, affaibli, vire de plus en plus à droite.
Triangulaire parisienne
À Paris, la candidate de droite, l'ancienne ministre de la Culture Rachida Dati - officiellement soutenue par le centre et bénéficiant du retrait d'une liste d'extrême droite - affronte le socialiste Emmanuel Grégoire, qui représente la gauche aux affaires dans la capitale depuis 25 ans. M. Grégoire est arrivé assez largement en tête au premier tour, mais Sophia Chikirou, candidate du parti de gauche radicale La France insoumise (LFI), s'est maintenue, ce qui rend la triangulaire plus incertaine.
À Marseille (sud), le sortant de gauche Benoît Payan a en revanche bénéficié du désistement de LFI et part avec une longueur d'avance sur Franck Allisio, le candidat du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) qui le talonnait au premier tour.
Dans de nombreuses villes comme Nantes (ouest), les socialistes ont accepté le ralliement des Insoumis pour ne pas être battus par la droite dans leurs bastions. À Toulouse (sud-ouest), ils se sont rangés derrière les Insoumis, arrivés en tête au premier tour.
La campagne a portant été émaillée d'invectives entre les candidats LFI et les socialistes, ces derniers s'étant refusés à tout accord national.
Toujours dans les grandes villes, LFI vise aussi Roubaix (nord), après avoir gagné dès le premier tour Saint-Denis, deuxième plus grande ville d'Île-de-France après Paris.
L’extrême droite progresse
L'un des matches les plus serrés a lieu à Lyon (centre-est), troisième ville de France: le sortant écologiste Grégory Doucet y est au coude-à-coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais - le grand club de football local - Jean-Michel Aulas, classé à droite.
Du côté de la droite modérée, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe est en ballottage favorable au Havre (ouest). Il a fait de sa réélection à la mairie un préalable à une candidature à la présidentielle de 2027.
Le RN, devenu le premier parti de France aux législatives de 2024 et dont la progression se confirme désormais au niveau local, convoite Toulon (sud), Nîmes (sud) et Carcassonne (sud), après avoir conservé dès le premier tour la plupart des villes qu'il contrôlait déjà, notamment Perpignan (sud).
Surtout, il compte sur son allié Eric Ciotti, favori à Nice (sud-est), pour incarner la stratégie d'union de la droite et du RN que son président Jordan Bardella tente d'imposer pour la présidentielle.
Après une campagne rocambolesque, ce scrutin symbolise les fractures de la droite face à la montée de l'extrême droite, le patron du parti Les Républicains (LR) Bruno Retailleau ayant refusé de soutenir le sortant Christian Estrosi, du parti Horizon, la formation d'Edouard Philippe, en dépit des accords passés entre états-majors.
AFP



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