Le ministre britannique Steve Reed a déclaré dimanche qu’un missile lancé par l’Iran contre la base militaire anglo-américaine de Diego Garcia dans l’océan Indien était «tombé avant d’atteindre sa cible», tandis qu’un autre missile avait été «intercepté».
«Notre évaluation, c’est que les Iraniens ont bel et bien visé Diego Garcia», située à quelque 4.000 kilomètres de l’Iran, a déclaré M. Reed à la BBC.
«Un missile est tombé en deçà de sa cible, a échoué, et l’autre a été intercepté et neutralisé», a précisé le ministre du Logement, qui représentait le gouvernement dans les émissions politiques du dimanche matin.
«Mais je ne pense pas que ce qui s’est passé soit une surprise: l’Iran tire des missiles de façon irresponsable dans toute la région», a-t-il ajouté.
Diego Garcia, qui fait partie de l’archipel des Chagos, est l’une des deux bases que le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser pour ce que le gouvernement britannique présente comme des «opérations défensives» dans sa guerre contre l’Iran.
Le Wall Street Journal a été le premier vendredi à rapporter que l’Iran avait lancé deux missiles balistiques contre cette base, centre névralgique pour les opérations américaines en Asie, y compris les campagnes de bombardements en Afghanistan et en Irak.
Même si aucun des deux missiles n’a atteint sa cible, ce tir laisse penser que Téhéran dispose de missiles à plus longue portée qu’on ne le pensait auparavant. Les forces américaines ont déployé des bombardiers et d’autres équipements à Diego Garcia.
Vendredi, le gouvernement britannique a indiqué qu’il autoriserait Washington à utiliser ses bases de Diego Garcia et de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour frapper les «sites de missiles et moyens utilisés pour attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz».
Une source officielle britannique a confirmé que la «tentative avortée de l’Iran de viser Diego Garcia» avait eu lieu avant l'annonce de vendredi.
«Le Royaume-Uni ne sera pas entraîné dans ce conflit», a également affirmé dimanche M. Reed, ajoutant qu’il n’y avait «aucune évaluation spécifique selon laquelle les Iraniens ciblent le Royaume-Uni ou même en auraient la capacité, s’ils le voulaient».
Il a également souligné la divergence de positions entre le Royaume-Uni et les États-Unis sur la guerre, alors que le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est attiré les foudres du président américain Donald Trump ces dernières semaines.
«Ce n’est pas la première fois dans l’Histoire que le Royaume-Uni et un Premier ministre britannique ont un point de vue différent de celui du président des États-Unis. Cela s’est produit au Vietnam», a rappelé M. Reed.
AFP

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