Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales
Des personnes marchent sur un pont piétonnier montrant un écran affichant des informations sur les marchés financiers dans le district financier de Shanghai. ©Hector RETAMAL / AFP

Voici les dernières évolutions économiques mondiales mardi vers 08H00 GMT, alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans son 25e jour.

Le pétrole repart légèrement à la hausse

Les prix du pétrole, qui avaient chuté de plus de 10% après les dernières annonces de Donald Trump, repartaient légèrement à la hausse mardi.

Le président américain a laissé entrevoir la possibilité d’une désescalade du conflit, en évoquant des négociations avec l’Iran. Il a annoncé le report de cinq jours — jusqu’à la fin de la semaine boursière — de son dernier ultimatum contre Téhéran (des frappes contre les centrales électriques iraniennes en cas de maintien du blocage du détroit d’Ormuz).

Le baril de Brent prenait 2,91% à 102,85 dollars tandis que le WTI américain avançait de 3,03% à 90,80 dollars à 07h45 GMT.

«Le détroit d’Ormuz reste fortement contraint, avec seulement un nombre limité de pétroliers traversant cette voie maritime stratégique», note Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.

«Les positions des Etats-Unis et de l’Iran pourraient différer dans les discussions en vue de mettre fin au conflit et les marchés devraient rester très volatils, valsant au gré des nouvelles informations» sur d’éventuels pourparlers, notent des analystes de Monex.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi «toute négociation avec les États-Unis» depuis le déclenchement du conflit, il y a plus de trois semaines, reconnaissant néanmoins avoir reçu «par l’intermédiaire de certains pays amis, des messages transmettant une demande américaine de négociations visant à mettre fin à la guerre».

Le dollar se reprend, l’or poursuit sa chute

Signe des incertitudes sur l’évolution du conflit, le billet vert repartait à la hausse (+0,15%) par rapport à la monnaie japonaise, un dollar s’échangeant pour 158,67 yens vers 06H35 GMT.

L’or, valeur refuge concurrente de la devise américaine, connaissait sa dixième séance consécutive de baisse, reculant de 0,46% à 4.386,12 dollars l’once.

Enthousiasme tempéré des Bourses

Les Bourses européennes ont ouvert en légère hausse mardi: Paris (+0,44%), Francfort (+0,16%), Londres (+0,28%).

En Asie, après un départ tonitruant, l’indice Nikkei de Tokyo a terminé en hausse de 1,43%, tandis que le Kospi de Corée-du-Sud a avancé de 2,7%. Ils avaient perdu respectivement 3,5% et 6,5% la veille.

Le Dow Jones et le Nasdaq ont tous deux pris 1,38% lundi, tandis que l’indice élargi S&P 500 a gagné 1,15%. La place américaine n’avait plus connu de séance de progression depuis près d’une semaine.

Le Japon puise de nouveau dans ses réserves de pétrole

Tokyo va de nouveau libérer une partie de ses réserves stratégiques de pétrole à partir de jeudi, a déclaré mardi la Première ministre Sanae Takaichi, afin de «garantir +la quantité nécessaire pour l’ensemble du Japon+ de produits pétroliers».

Tokyo avait commencé la semaine dernière à puiser l’équivalent de 15 jours de réserves pétrolières détenues par le secteur privé. Mme Takaichi avait auparavant annoncé qu’un mois de réserves gouvernementales seraient également mises sur le marché.

L’archipel va également puiser dans des réservoirs d’un dispositif de stockage conjoint de pétrole brut avec l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït se trouvant sur le territoire nippon, a annoncé la Première ministre.

Il n’y aura «pas d’explosion de l’inflation», prévoit le Medef

Le président du Medef Patrick Martin a avancé mardi que la guerre au Moyen-Orient ne provoquerait «pas d’explosion de l’inflation» mais plutôt «une moindre croissance» accompagnée d’une hausse modérée des prix.

«Notre pronostic, c’est qu’il n’y aura pas d’explosion de l’inflation mais il y aura une moindre croissance et une inflation qui pourrait être augmentée selon les circonstances de quelques dixièmes de points», a déclaré le président de l’organisation patronale française sur BFM Business.

Vives inquiétudes des patrons des géants pétrogaziers

Les cours du pétrole n’ont pas encore pleinement pris en compte les effets du blocage du détroit d’Ormuz, a estimé lundi le patron de la compagnie pétrolière américaine Chevron, Mike Wirth, lors de la conférence CERAWeek, la plus importante du secteur du pétrole et de l’énergie, qui a débuté lundi à Houston au Texas.

«L’Asie, en particulier, fait face à de vraies inquiétudes concernant l’approvisionnement» en pétrole et produits dérivés, a-t-il souligné, et même après la fin du conflit, «il faudra du temps pour reconstituer les stocks».

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a dit s’attendre, si le détroit d’Ormuz restait fermé, à «un prix très élevé pour le gaz naturel liquéfié (GNL)», «d’ici l’été et septembre, au moment où nous remplissons à nouveau les stockages de gaz en Europe».

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire