Selon la chaîne israélienne 14, un accord aurait été conclu pour étendre la présence militaire israélienne sur le sol libanais, jusqu’aux abords de la ville de Tyr.
Cette extension comprendrait au moins 18 positions militaires israéliennes destinées à consolider le contrôle territorial et la supériorité sur le terrain. Le plan prévoit notamment le désarmement du Hezbollah et l’instauration d’une zone de contrôle à l’intérieur des frontières libanaises, via un déploiement militaire organisé incluant ces nouvelles positions.
Quant au Hezbollah, il a balayé mercredi toute négociation «sous le feu» avec Israël, qui poursuit ses frappes sur les bastions du groupe pro-iranien au Liban.
Dans un communiqué, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a affirmé que toute négociation «sous le feu» avec Israël était une «capitulation» alors que le pouvoir libanais appelle à des pourparlers avec le pays ennemi.
Il a demandé aux autorités libanaises de revenir sur leur décision de «criminaliser» selon lui l'action militaire de sa formation, que Beyrouth a décidé d'interdire début mars.
Pendant ce temps, le Liban-Sud connaît une escalade militaire majeure, avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie israéliens sur de nombreuses localités.
À Hasbaya, un chalet a été visé, mercredi dans la nuit, par une frappe, à proximité d’un autre déjà touché lors du conflit de 2024.
De même, des raids israéliens ont visé plusieurs localités, dont Abba, Adchit, Bourj Qalaouiya, Ghandouriyé, Haddatha et Beit Yahoun.
Les localités du caza de Marjeyoun sont le théâtre d’une escalade continue, dans la nuit de mercredi, avec une présence quasi permanente de l’aviation israélienne dans le ciel, volant à basse et moyenne altitude et menant des frappes intermittentes visant notamment Khiam, Taybé et Deir Seryan.
Des frappes aériennes ont été menées sur Dibel, Yater, Sarbine, Hanine, Kafra, Rachaf, Majdel Selm, Chakra, Bint Jbeil, Khiam, Borgholiyé, Zrariyé, Naqoura et Taybé. Des quartiers spécifiques ont
été visés : le quartier Daoud et Al-Ashamiya à Doueir, le quartier Al-Maslakh à Nabitiyé. Une frappe sur une maison à Bayssariyé a fait trois morts. Le Liban-Sud a également été touché par des raids
sur Majdel Zoun, Wadi Al-Ghandouriyé et Rachaf, ainsi que par des bombardements sur Maroun al-Ras, Yaroun, et les abords de Bint Jbeil et Khiam.
Un nouveau bilan, mercredi, du ministère de la Santé fait état de 1.094 tués, dont 121 enfants, plus de 3.000 blessés et plus d'un million de déplacés depuis le 2 mars.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes «manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée» jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.
Dans le même temps, l'aviation israélienne avait mené une frappe dans la nuit contre la banlieue sud de la capitale.
Israël avait ordonné mardi aux habitants de sept quartiers de cette banlieue qu'il considère comme un fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.
Opérations israéliennes et arrestations
L’armée israélienne a publié plusieurs communiqués au courant de la journée de mercredi:
Elle a expliqué que l’évacuation de la ville de Tyr était motivée par le fait que le Hezbollah aurait utilisé des civils comme boucliers humains pour lancer des salves de roquettes depuis les quartiers résidentiels. Selon Tel-Aviv, près de 120 projectiles ont été tirés depuis les abords des zones habitées, transformant les maisons en plateformes de lancement.
Dans la ville de Tyr, à une vingtaine de km de la frontière israélienne, environ 20.000 personnes dont quelque 15.000 déplacés des villages environnants s'entassent dans le quartier chrétien - le seul encore épargné par les frappes- et dans quelques écoles.
«Nous n'abandonnerons pas notre terre, nos cœurs sont ici», affirme Khalil, l'un de ceux qui ont décider de rester dans la ville, désormais très isolée du reste du pays.
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a aussi indiqué que des documents internes de Hamas révèlent que la milice s’est implantée dans plusieurs zones du Liban avec l’accord du Hezbollah et sous la coordination de l'Iran, sans l’autorisation des autorités libanaises. Ces documents détaillent le stockage d’armes, le soutien financier et le renforcement militaire de Hamas, lui offrant une base pour affronter Israël et un contrôle effectif sur certaines zones, illustrant le rôle de Hezbollah comme État dans l’État» au Sud-Liban.
#خاص وثائق داخلية لحماس تكشف كيف سمح حزب الله للحركة بالتموضع داخل الأراضي اللبنانية "السيادية" دون إذن من الدولة اللبنانية وبتنسيق ايراني!
— افيخاي ادرعي (@AvichayAdraee) March 25, 2026
🔸تكشف وثائق داخلية لحماس تم العثور عليها في قطاع غزة كيف حصلت الحركة على موافقة حزب الله للتمركز في مناطق مختلفة داخل لبنان وذلك بتعاون… pic.twitter.com/EOfca26Emw
L’armée a aussi affirmé que lors d’une opération terrestre rapide dans le Sud-Liban, les forces de la 401e brigade de l’armée israélienne ont neutralisé une cellule de combattants armés du Hezbollah après qu’ils ont tiré un missile antichar en direction des troupes israéliennes. L’affrontement au sol a permis d’éliminer les assaillants sur le moment, tandis qu’un soldat israélien a été légèrement blessé et hospitalisé pour soins. L’armée israélienne qualifie le Sud-Liban de «zone hautement dangereuse pour les militants du Hezbollah».
L'armée israélienne a également déclaré mercredi matin avoir visé «un centre de commandement» du Hezbollah dans la banlieue sud, ainsi que des stations essence de l'entreprise Al-Amana dont elle dit qu'elles appartiennent au mouvement et le financent.
«Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée», avait averti mardi le ministre israélien de la Défense.
Déclarations du Hezbollah
Le Hezbollah a revendiqué, tout au long de la journée, plusieurs attaques contre des positions israéliennes:
À Taybé, dans le caza de Marjeyoun, des rassemblements de soldats et de véhicules israéliens ont été visés à plusieurs reprises par attaques de drones et des obus d’artillerie à 1plusieurs reprises. Selon le Hezbollah, ces frappes ont causé des «victimes directes».
À Dibel, caza de Bint Jbeil, un rassemblement de soldats et de véhicules israéliens a été visé par un «essaim de drones d’attaque».
Aux abords de la prison de Khiam, dans le caza de Marjeyoun, un rassemblement de soldats et de véhicules israéliens a été visé par des obus d’artillerie.
Le Hezbollah a également déclaré avoir visé un char Merkava et un bulldozer D9 près de Taybé à l’aide de missiles guidés.
La formation pro-iranienne a affirmé avoir visé des troupes israéliennes «massées dans les localités frontalières de Naqoura et Qawzah», ainsi que plusieurs sites le long de la frontière «avec plus de 100 roquettes».
Le groupe a aussi revendiqué une série d'attaques contre des localités du nord d'Israël, notamment Kiryat Shmona, qui n'ont pas fait de victimes selon les autorités israéliennes.



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