Spectre du 7 mai: le gouvernement et l’armée appelés à agir
©Ici Beyrouth

À chaque décision visant à réaffirmer la souveraineté de l’État, la menace d’un embrasement intérieur ressurgit. Le Hezbollah brandit le spectre de la guerre civile, tandis que les autorités demeurent trop souvent cantonnées au rôle de spectatrices. Le souvenir du funeste 7 mai 2008 hante les esprits: la crainte est réelle de voir l’armée se tenir à l’écart, invoquant un refus d’«engagement dans un conflit interne», et laissant ainsi le champ libre à des initiatives armées contre d’autres composantes de la société libanaise.

Le rôle de l’État, incarné par le gouvernement et l’armée, ne peut souffrir d’ambiguïté. Face à tout mouvement de groupes armés visant des citoyens, une position claire s’impose. S’ils entendent intervenir, il leur revient de rassurer la population et de déployer des mesures visibles sur le terrain. S’ils choisissent de ne pas agir, ils doivent au moins en informer les Libanais afin que ceux-ci puissent organiser leur propre protection.

Cette question n’autorise ni compromis, ni calculs politiciens ni accommodements personnels. Elle touche au cœur de la responsabilité première des institutions: protéger les citoyens, leurs vies et leurs biens, contre des factions qui sèment depuis beaucoup trop longtemps chaos et destruction.

Or, jusqu’à présent, le gouvernement et les instances sécuritaires ne paraissent guère pressés de conjurer le danger. Si la volonté existait réellement, ceux qui profèrent des menaces de mort, d’assassinat ou de renversement par la force auraient déjà été traduits devant la justice.

La crédibilité de l’exécutif et des responsables militaires est désormais en jeu. Ils ont accepté leurs fonctions pour défendre les Libanais et garantir leurs droits. S’ils renoncent à cette mission, il leur incombe de se retirer et de rendre des comptes.

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