Un militaire libanais et des Casques bleus tués, nouveaux raids sur la banlieue sud
Les secouristes fouillent un bâtiment fortement endommagé, frappé par une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, le 30 mars 2026. ©ANWAR AMRO / AFP

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi au Liban, portant le bilan à 1.247 morts et 3.680 blessés depuis le 2 mars, selon un rapport actualisé du ministère de la Santé. 

Deux frappes ont visé lundi matin la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, avait renouvelé lundi matin son avertissement aux habitants de la banlieue sud, et plus particulièrement aux habitants de Haret Hreik, Ghobeiry, Lailaki, Hadath, Bourj el-Brajné, Tahwitat el-Ghadir et Chiyah.

La première frappe a eu lieu à Mcharrafiyé, Bir el Abed.

La deuxième a visé un appartement dans le secteur Rihab, faisant un mort et 17 blessés selon le ministère de la Sant.

L’armée israélienne a par la suite annoncé qu’elle avait commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth.

Sur le terrain, les violences se sont intensifiées au Liban-Sud.

Par ailleurs, l’armée libanaise a déclaré qu’un de ses barrages a été visé à Al-Amriyé, sur la route Qleilé–Tyr, par une attaque israélienne, tuant un militaire et blessant cinq autres blessés, dont un officier grièvement atteint.

Une frappe sur Hanouiyé, caza de Tyr, a causé d’importants dégâts.

Des unités israéliennes auraient incendié plusieurs habitations dans la localité de Naqoura, tandis qu’un raid aérien a visé une maison à Yater. Des bombardements d’artillerie ont également été signalés dans les environs de Maroun al-Ras, Yaroun et Bint Jbeil. Un raid a aussi été signalé à Deir Amess ainsi qu’à Mansouri et Baraachite.

Pour sa part, le Hezbollah a revendiqué d’autres attaques contre des positions militaires israéliennes, notamment près de Aïnata, Houla et Deir Siriane, ainsi que contre des bases situées à proximité de Safed. La milice affirme avoir également détruit un char Merkava à l’aide d’un missile guidé.

Des morts parmi les Casques bleus

L'ONU a annoncé lundi qu'un Casque bleu indonésien avait été tué par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue dans le sud du Liban, où le Premier ministre israélien appelle son armée à étendre la «zone tampon» face au Hezbollah.

«Un Casque bleu a été tragiquement tué hier (dimanche) soir lorsqu'un projectile a explosé sur une position de la Finul près d'Adchit Al Qusayr», dans le sud du Liban où des affrontements ont lieu entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et «un autre a été grièvement blessé», a écrit la force de l'ONU dans un communiqué tôt lundi.

La Finul indique que l'origine du projectile n'est pas connue mais qu'une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a par la suite «condamné fermement l'incident survenu dimanche, au cours duquel un Casque bleu indonésien de la Finul a été tué dans le cadre des hostilités entre Israël et le Hezbollah», a-t-il écrit lundi sur X.

«Un autre Casque bleu indonésien a été grièvement blessé lors de ce même incident», a-t-il ajouté.

Jakarta a annoncé lundi que la victime était de nationalité indonésienne et mentionne trois blessés.

Le gouvernement indonésien «exprime ses plus sincères condoléances à la suite du décès d'un Casque bleu indonésien et des blessures subies par trois autres», servant au sein de la Finul, après des tirs d'artillerie «indirects à proximité de la position du contingent indonésien de la Finul, près d'Adchit Al Qusayr» dimanche, a indiqué le ministère des Affaires étrangères du pays d'Asie sur X.

Une deuxième frappe a ciblé lundi, en cours de journée, une autre patrouille de la Finul sur la route Bani Hayyan–Talloussa. Il s’agit également du contingent indonésien. 

Dans un second communiqué publié lundi, la Finul a annoncé la mort de deux Casques bleus dans le sud du Liban, après l’explosion, d’origine encore inconnue, de leur véhicule près de Bani Hayyan. Un troisième soldat de la paix a été grièvement blessé et un quatrième également touché. Il s’agit du deuxième incident mortel en moins de 24 heures.

La force onusienne a présenté ses «sincères condoléances» aux familles et aux proches des victimes, tout en exprimant son soutien aux blessés. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances de l’explosion.

La Finul a par ailleurs rappelé «l’urgence» pour toutes les parties de respecter leurs obligations au regard du droit international et de garantir la sécurité du personnel et des installations de l’ONU. Elle a souligné que toute attaque délibérée contre des Casques bleus constitue une grave violation du droit international humanitaire et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et pourrait être assimilée à un crime de guerre.

La Finul a signalé que ses positions avaient été touchées à plusieurs reprises au cours des combats. Le 7 mars, trois soldats ghanéens ont été blessés par des tirs dans une ville frontalière du sud du Liban.

Plusieurs soldats israéliens blessés

Trois soldats de l’armée israélienne ont été gravement blessés hier et trois autres ont été modérément touchés lors d’incidents distincts dans le sud du Liban, selon un communiqué de l’armée.

À midi, deux soldats ont été sérieusement blessés par un tir antichar. Dans un autre incident, un soldat a été gravement blessé et deux autres modérément touchés lorsqu’un drone a explosé à proximité. Enfin, un autre soldat a été modérément blessé lors d’un accident opérationnel.

Les soldats ont été évacués pour recevoir des soins à l’hôpital et leurs familles ont été informées.

Incursion terrestre israélienne 

La ville d'Adchit al Qusayr se trouve près de la frontière sud du Liban avec Israël, où les forces israéliennes affrontent les combattants du Hezbollah depuis près d'un mois.

«Au Liban, j'ai ordonné à l'instant d'étendre davantage la zone de sécurité existante afin de neutraliser définitivement la menace d'invasion et d'éloigner de la frontière les tirs de missiles antichars», a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou dans une vidéo.

L'armée israélienne mène une profonde incursion terrestre dans le sud du Liban.

Après avoir annoncé dimanche la mort d'un cinquième soldat depuis le 2 mars au Liban, elle a affirmé que ses troupes avaient mené «une opération ciblée visant à empêcher les tentatives» du Hezbollah «de s'implanter le long de la frontière libanaise».

Ces derniers jours, l'armée israélienne a bombardé les ponts qui traversent le Litani, fleuve situé à 30 kilomètres au nord de la frontière.

Israël accuse le Hezbollah et met en cause l’Iran

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a affirmé que «5.000 roquettes, obus et drones» ont été tirés depuis le Liban vers Israël depuis le 2 mars. Il a estimé que «le Liban ne retrouvera sa liberté que s’il décide d’affronter l’influence de l’Iran et du Hezbollah», pointant directement le rôle de Téhéran dans l’escalade en cours.

Il a également critiqué la présence de l’ambassadeur iranien à Beyrouth, affirmant que celui-ci continue de «prendre son café» dans la capitale, malgré l’annonce de la diplomatie libanaise le déclarant persona non grata.

Avec AFP

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