Le pétrole progresse après que Trump a dit envisager de s'emparer de l'île de Kharg
Des installations de stockage de pétrole sont visibles au centre de stockage et de transport de la Formosa Petrochemical Corporation à Taoyuan, le 25 mars 2026. ©I-HWA CHENG / AFP

Les prix du pétrole progressent lundi, avec l'éventualité d'une intervention terrestre américaine en Iran, après que Donald Trump a dit envisager de «prendre le pétrole» iranien et s'emparer du terminal pétrolier de l'île de Kharg.

Après avoir grimpé à 116,75 dollars en début de séance, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, montait de 3,01% vers 08H20 GMT (10H20 à Paris), à 115,96 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 1,93% à 101,56 dollars.

En dépit de pourparlers indirects entre les États-Unis et l'Iran d'après le Pakistan, et la promesse américaine d'une fin prochaine du conflit, les Houthis pro-iraniens du Yémen ont attaqué Israël ce week-end, Téhéran a continué de cibler des infrastructures économiques du Golfe, et Israël a dit vouloir «étendre la zone de sécurité» dans le sud du Liban.

«Si les États-Unis lançaient une invasion terrestre de l'Iran», «ou si Téhéran intensifiait ses frappes de représailles contre les infrastructures énergétiques ou fermait complètement le détroit, les projections d'un baril de pétrole à 200 dollars ne seraient plus une hypothèse farfelue», affirme Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.

Le président américain a en effet affirmé lors d'un entretien au Financial Times diffusé dimanche soir que l'armée américaine pouvait prendre «très facilement» le contrôle de l'île de Kharg.

Plus grand terminal pétrolier de l'Iran, cette bande de terre dans le nord du Golfe assure environ 90% de ses exportations de brut, selon une récente note de la banque américaine JP Morgan.

Sa saisie ne signifierait pas que Donald Trump serait en mesure de «prendre le pétrole» iranien, une intention qu'il a formulée dans son interview de dimanche, mais elle «paralyserait une grande partie des capacités d'exportation de l'Iran», «faisant grimper les prix mondiaux», estime Stefan Koopman, analyste chez ING.

«Les estimations varient, mais même une hypothèse prudente, de 10 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits raffinés bloqués chaque jour en raison du conflit, représente environ 300 millions de barils par mois, soit près de trois jours de consommation mondiale», «un volume considérable», rappelle M. Varga, de PVM Energy.

L'analyste souligne que «même en cas de trêve ou d'accord de paix, la normalisation prendrait des mois, ce qui semble improbable à court terme, d'autant plus que les États-Unis déploient des troupes supplémentaires dans la région».

AFP

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