Le chef de la guérilla kurde en Turquie Abdullah Öcalan, détenu à l'isolement sur une île au large d'Istanbul, souhaite pouvoir s'adresser librement au pays, indique-t-il dans un message publié mardi.
Dans un message transmis par une délégation d'élus du parti prokurde DEM, autorisés vendredi 27 mars à lui rendre visite, précisent-ils, M. Öcalan, fondateur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), confirme son engagement en faveur du processus de paix initié fin 2024 par et avec Ankara.
«Comme je l’ai exprimé dans mon appel du 27 février (2025), la période de lutte armée est terminée. Il n’est plus possible de revenir en arrière».
«Les développements en Iran ont une nouvelle fois mis en lumière la justesse et l’importance du processus mené en Turquie», ajoute le leader kurde en référence à la guerre déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël.
«À ce stade, je considère comme important, pour que mes idées concernant le processus soient correctement comprises, de pouvoir atteindre l’ensemble de l’opinion publique par des moyens appropriés», souligne-t-il.
«Le processus que nous vivons est un processus de transition vers la paix avec la République démocratique», poursuit le leader kurde de 76 ans, dont 27 ans en détention.
Se tournant vers la commission parlementaire mise en place pour définir le futur statut du PKK et de ses anciens combattants, il la presse de parvenir «sans tarder à un cadre juridique global et inclusif».
M. Öcalan, que ses partisans continuent d'appeler «Apo» (oncle, en kurde), plaide pour une «conception sociale et de la citoyenneté qui organise de manière positive la relation des Kurdes avec l’État» turc.
«L’État doit également constater qu'aucune activité destructrice n'est conduite, ni menace pour la sécurité» du pays, note-t-il.
Après l'appel de son chef, le congrès du PKK avait confirmé sa dissolution et commencé en juillet à déposer les armes, lors d'une cérémonie symbolique dans le nord de l'Irak où sont retranchés la plupart de ses combattants.
Ce processus entamé en octobre 2024 à l'initiative du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement, vise à mettre un terme à plus de quatre décennies de combats qui ont fait au moins 50.000 morts.
AFP


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