Rubio affirme que les États-Unis doivent «réexaminer» leurs relations avec l'Otan
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio écoute le président Donald Trump s’adresser aux médias lors d’une conférence de presse à son club Mar-a-Lago, le 3 janvier 2026 à Palm Beach, en Floride. ©Joe Raedle / Getty Images North America / Via AFP

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l'Otan, déclarant mardi que les États-Unis devaient «réexaminer» leurs relations avec l'alliance atlantique militaire une fois la guerre contre l'Iran terminée.

«Je pense qu'il ne fait malheureusement aucun doute qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation. Nous devrons réexaminer l'intérêt que présente l'Otan pour notre pays dans le cadre de cette alliance», a déclaré M. Rubio sur la chaîne Fox News, ajoutant qu'il reviendrait au président Donald Trump de trancher cette question.

Les États-Unis reprochent à des pays de l'Otan dont la France, l'Espagne et l'Italie de ne pas avoir autorisé le survol de leurs territoires ou d'utiliser les bases américaines pour acheminer des équipements militaires à Israël dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février.

Donald Trump avait lui-même déclaré vendredi dernier que les États-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

«Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?», a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de «TIGRE DE PAPIER» et de «LÂCHES». Les États-Unis «s'en souviendront», avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres.

«Si nous en sommes arrivés au point où l'alliance de l'Otan nous empêche d'utiliser ces bases, où nous ne pouvons en fait plus les utiliser pour défendre les intérêts des États-Unis, alors l'Otan est une voie à sens unique», a déclaré M. Rubio.

«L'Otan se résume alors simplement à la présence de nos troupes en Europe pour défendre l'Europe (…) Lorsque nous avons besoin qu'ils nous autorisent à utiliser leurs bases militaires, leur réponse est non ? Alors pourquoi sommes-nous dans l'Otan ? Il faut se poser cette question», a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Il a encore souligné qu'il revenait aux alliés des États-Unis de sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran, dont ils dépendent pour leur pétrole.

Parlant de la guerre en Iran, il a indiqué que «nous sommes proches de la ligne d'arrivée» sans donner de calendrier.

Les relations entre les États-Unis, qui en sont membre fondateur et principal acteur, et l'Otan traversent depuis le retour au pouvoir du président américain une zone de fortes turbulences, les premiers accusant les Européens de prendre leur sécurité pour argent comptant, les seconds inquiets d'un éventuel désengagement américain.
 

AFP

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