L'Iran doit «conclure un accord» avec les États-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne
l'ancien chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, s'adresse au public lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 22 janvier 2025. © FABRICE COFFRINI / AFP

L'Iran doit «conclure un accord» avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, «devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne», a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran «devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions – un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui», a-t-il écrit.

«L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les États-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir», a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des «échanges économiques» entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran «à l'âge de pierre».

«En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens», s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.

 

AFP
 

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