L’aviation israélienne a mené dimanche au moins six raids sur la banlieue sud de Beyrouth et près de la capitale, une frappe ayant visé le quartier de Jnah à quelque 100 mètres de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri, alors que les attaques contre le sud du Liban se poursuivent sans relâche.

Un responsable militaire du Hezbollah, Yahya Hussein Mcheimech, a été tué lors de la frappe de Jnah.

Cette violence intervient quelques heures après l'annonce par Israël d'une frappe imminente contre Masnaa, le principal poste-frontière entre le Liban et la Syrie,

Au moins cinq raids violents ont visé les quartiers de Jamous, Haret Hreik, Ghobeiry et Mcharrafiyé, dans la banlieue sud de Beyrouth. Un sixième raid massif a pris pour cible un immeuble de trois étages dans le quartier de Jnah, au sud de Beyrouth, à quelque 100 mètres de l’hôpital Rafic Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, faisant au moins quatre morts et 30 blessés.

Les raids sont intervenus après des avertissements de l’armée israélienne qui affirme viser des «cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth».

Le Liban-Sud sous le feu

Au Liban-Sud, l’aviation israélienne a mené des dizaines de raids contre plusieurs localités. Six violentes frappes israéliennes ont visé à l’aube, dimanche, la localité de Kfarhatta, dans le caza de Saïda, à quelque 40 km de la frontière avec Israël, provoquant d’importants dégâts matériels. Ces bombardements sont intervenus après un avertissement de l’armée israélienne appelant les habitants à évacuer. Ces ont fait moins sept morts, dont six d’une même famille. D’autres frappes ont visé plusieurs localités du caza de Tyr, plus au sud, faisant plusieurs morts et des blessés.

Une frappe israélienne a également visé une zone boisée près du pont de Qasmiyé, sur l’autoroute de Bourj Rahhal. Dans l’après-midi, deux nouveaux raids ont été menés à proximité du pont autoroutier de Qasmiyé.

L’aviation israélienne a en outre ciblé une maison dans la localité de Chaaitiyé, ainsi que le village d’Arnoun dans l’après-midi, tandis que Tebnine était bombardée à l’artillerie.

Depuis le matin, plusieurs localités ont été touchées par des frappes israéliennes, notamment Aïtit, Hauch, Bazouriyé et Aïn Baal. Des équipes de secours ont transporté plusieurs blessés. La route principale de Beit Yahoun, après un barrage de l’armée dans le caza de Bint Jbeil, a été coupée. Une frappe entre Rachidiyé et Hauch, dans le caza de Tyr, a également été signalée, ainsi que Deir Qanoun al-Nahr et Abbassiyé.

Un drone israélien a pris pour cible une moto à proximité du camp de Rachidiyé, à Tyr, faisant une victime de nationalité palestinienne.

Des raids israéliens ont aussi frappé les localités de Zrariyé, Adchit et Khiam.

Destructions et démolitions dans les zones frontalières

Les forces israéliennes ont procédé à la destruction et au dynamitage de plusieurs habitations dans les villages frontaliers de Naqoura, Debl, Alma al-Chaab, Qawzah, Bayyada et Chamaa.

Elles ont également renoncé à faire exploser l’hôtel De La Mer, situé à proximité du quartier général de la Finul à Naqoura, en raison de sa proximité avec le site, optant plutôt pour sa démolition à l’aide de bulldozers et d’engins lourds.

Des commerces ont en outre été incendiés puis détruits à l’explosif.

Déclarations du Hezbollah

Dans une série de communiqués, le Hezbollah a annoncé qu’il avait ciblé un navire militaire israélien à 68 milles nautiques au large des côtes libanaises, alors qu’il se préparait à mener des attaques contre le territoire libanais. L’opération aurait été menée à l’aide d’un missile de croisière naval après plusieurs heures de surveillance, et la cible aurait été atteinte directement.

Le Hezbollah a également revendiqué des frappes contre plusieurs rassemblements de soldats israéliens: à Bayyada à l’artillerie, dans la zone de Sedr à Aïnata par salves de roquettes, ainsi que près de la colonie de Malkiya. Il a indiqué avoir frappé à nouveau la zone de Sedr à Aïnata, ainsi que la caserne de Zarit à l’aide de drones kamikazes.

Dans des communiqués précédents, le mouvement avait affirmé avoir ciblé la colonie de Nahariya, ainsi que des regroupements de soldats et de véhicules israéliens à Bayyada, Maroun al-Ras, Aïnata et sur la colline de Ghadamatha.

Dans l’après-midi, il a également déclaré avoir visé des infrastructures militaires israéliennes dans la colonie de Yesud HaMa‘ala, le site de Kfar Szold, les colonies d’Avivim et Yiron, ainsi que Ma’alot-Tarshiha. La base de Meron, dédiée à la surveillance et à la gestion des opérations aériennes, a aussi été prise pour cible.

Bilan humain

Au Liban, le bilan actualisé des morts fait état de 1.461 tués et 4.430 blessés entre le 02 mars et le 05 avril à 17h.

Déclarations de l’armée israélienne

L’armée israélienne a, pour sa part, déclaré avoir découvert des certificats de formation appartenant à des membres de l’unité Radwan ainsi que de manuels d’instruction pour l’utilisation de lance-roquettes RPG, de roquettes et de plateformes de lancement à l’intérieur d’une école du sud du Liban.

Les forces ont également indiqué avoir trouvé des colis envoyés depuis l’Iran à destination de villages chiites au Liban.

À proximité de l’établissement scolaire, un autre dépôt d’équipements militaires a été découvert. Il contenait, selon l’armée israélienne, notamment des gilets et des casques militaires, des engins explosifs et des missiles antichars.

Par ailleurs, la 91e division a annoncé l’élargissement de ses opérations terrestres ciblées dans le sud du Liban.

Dans ce cadre, «les forces de la brigade de réserve 8, opérant sous le commandement de la 91e division, mènent des opérations intensives visant à étendre le périmètre d’action afin, selon leurs termes, d’assurer la sécurité des habitants du nord».

Au cours de ces opérations, des combats rapprochés ont opposé les soldats à des cellules armées du Hezbollah, que les forces affirment avoir neutralisées. L’une de ces cellules, selon les mêmes sources, se préparait à lancer des missiles antichars en direction des troupes.

Enfin, lors de raids ciblant des infrastructures du Hezbollah, les soldats ont déclaré avoir saisi d’importantes quantités d’armement, incluant des missiles antichars, des lance-roquettes RPG, des fusils et des munitions.

Le poste-frontière de Masnaa menacé

Plusieurs heures se sont écoulées depuis l’avertissement, samedi soir, du porte-parole de l’armée israélienne annonçant une frappe visant le point frontalier de Masnaa.

«En raison de l'utilisation par le Hezbollah du poste-frontière de Masnaa à des fins militaires et pour faire passer clandestinement du matériel de combat, l'armée israélienne a l'intention de mener des frappes sur ce poste-frontière dans un avenir proche».

Le poste-frontière a été immédiatement évacué. Côté syrien, les installations frontalières étaient pratiquement désertes dimanche à l'aube, avec seuls quelques gardes encore en poste.

La Sûreté générale s’est mobilisée, éloignant les civils des halls puis procédant à l’évacuation des équipements des bâtiments.

Les syndicats de transporteurs frigorifiques ont coordonné avec le directeur général du ministère des Transports et le ministre des Travaux publics afin de déplacer les camions stationnés dans la cour et sur la route entre les deux postes-frontières. Cette opération a permis l’évacuation de plus de 250 camions.

De leur côté, les équipes de la Défense civile ont mis en œuvre un plan de redéploiement, retirant les équipements situés à proximité du centre de Masnaa.

En Syrie, le directeur des relations publiques de l'Autorité générale des frontières et des douanes, Mazen Aloush, a affirmé que ce poste-frontière, connu côté syrien sous le nom de Jdeidet Yabous, était «exclusivement réservé à un usage civil et n'est utilisé à aucune fin militaire».

«Compte tenu des avertissements qui circulent et par souci pour la sécurité des voyageurs, la circulation à ce poste-frontière sera temporairement suspendue jusqu'à ce que les risques potentiels se dissipent», a-t-il ajouté.

Le poste-frontière de Masnaa est une voie commerciale vitale pour les deux pays, et la principale porte d'entrée terrestre du Liban avec le reste de la région. Le Liban et la Syrie sont reliés par six postes-frontières officiels, mais il existe aussi des dizaines de points de passage illégaux et de routes informelles.

Israël avait déjà bombardé Masnaa en 2024 lors de sa précédente guerre contre le Hezbollah, perturbant le trafic transfrontalier pendant des semaines avant que les autorités libanaises et syriennes n'achèvent des travaux de réparation.

L'attaque prévue du poste-frontière survient alors que les combats et les bombardements meurtriers se poursuivent au Liban. Le pays a été entraîné dans la guerre le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

 

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