La coupure de l'internet imposée par les autorités en Iran a battu les records de durée pour un pays tout entier, a rapporté dimanche l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.
«La coupure à l'échelle nationale en Iran est désormais la plus longue jamais enregistrée dans un pays, dépassant tous les autres incidents comparables en gravité, ayant atteint son 37ᵉ jour consécutif», a indiqué NetBlocks sur X.
L'ONG a précisé avoir recensé par le passé de plus longues périodes de coupures mais à des échelles régionales, notant aussi que la Corée du Nord n'avait, elle, jamais été connectée à l'internet mondial.
«Nous cherchons sans cesse des moyens de nous reconnecter, juste pour pouvoir avoir accès à des informations fiables», a confié samedi à l'AFP une femme de 47 ans vivant dans la ville d'Ispahan (centre du pays).
«Pour moi, ne pas avoir Internet, c'est comme être privé d'oxygène. Je me sens piégé et étouffé», a décrit un homme de 53 ans à Téhéran.
L'internet local iranien, soumis à de fortes restrictions, a continué de fonctionner tout au long de la guerre, permettant à la population de se connecter à des sites nationaux.
Pour accéder à l'internet international afin de consulter les actualités ou des réseaux sociaux interdits, certains parviennent à utiliser des réseaux privés virtuels (VPN, masquant leur adresse).
Mais des Iraniens soupçonnés d'utiliser des VPN ont reçu des SMS les avertissant qu'ils risquaient d'être arrêtés ou emprisonnés.
Un nombre bien plus restreint de personnes a accès à Starlink ou à d'autres fournisseurs d'accès internet par satellite, qui sont également interdits.
Les Iraniens avaient déjà subi une coupure d'Internet de 18 jours en janvier, lors de manifestations contre le pouvoir qui ont fait des milliers de victimes.
AFP
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