Iran: le chef de l'agence de l'énergie atomique exclut de restreindre l'enrichissement
L’Iran exclut toute limitation de son programme d’enrichissement d’uranium malgré les pressions américaines. ©Atta Kenare / AFP

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a exclu jeudi toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des principales demandes des États-Unis et d'Israël, dans un entretien avec l'agence Isna.

«Les revendications et exigences de nos ennemis visant à restreindre le programme d'enrichissement de l'Iran ne sont que des vœux pieux qui seront enterrés», a déclaré Mohammad Eslami, alors que des discussions doivent se tenir en fin de semaine, sous médiation pakistanaise.

«Toutes les conspirations et actions de nos ennemis, y compris cette guerre brutale, n'ont abouti à rien», a-t-il ajouté, estimant que les États-Unis tentaient désormais vainement d'atteindre leurs buts de guerre «par des négociations».

Le dossier est un point d'achoppement majeur dans les pourparlers à venir.

Washington accuse Téhéran d'être proche de la fabrication d'une arme atomique, affirmation non corroborée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Et les premières frappes américano-israéliennes fin février sont intervenues alors que Washington exigeait que Téhéran remette son stock d'uranium hautement enrichi et cesse tout enrichissement.

L'Iran dément de son côté toute intention de fabriquer la bombe atomique et défend son droit au nucléaire civil. Un plan en 10 points proposé par la République islamique pour mettre fin à la guerre comprend notamment «l'acceptation de l'enrichissement».

Mais Donald Trump a répété mercredi qu'il n'y aurait «aucun enrichissement».

Le président américain a également proposé une solution pour récupérer le stock iranien de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi, ciblé par des bombardements américains en juin 2025 et désormais considéré comme enterré.

Les deux pays travailleraient ensemble pour «déterrer et enlever» ce qu'il a qualifié de «poussière nucléaire».

Mardi, il avait aussi affirmé à l'AFP que cette question avait été «parfaitement réglée».

Avant les frappes de juin 2025, l'Iran enrichissait de l'uranium à 60% selon les inspecteurs de l'AIEA, soit bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, conclu avec les grandes puissances. En réponse au retrait des États-Unis en 2018, l'Iran s'est affranchi de ses engagements.

Enrichi entre 3 et 5%, l'uranium sert à alimenter les centrales nucléaires pour la production d'électricité. Pour fabriquer une bombe, l'enrichissement doit être poussé jusqu'à 90%.
 

AFP

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