Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé vendredi l'Espagne d'«hostilité» envers son pays et a annoncé l'exclusion de Madrid du mécanisme de surveillance international de la trêve dans la bande de Gaza.
«L'Espagne a choisi d'être contre Israël de façon répétée (...) Ceux qui attaquent l'État d'Israël au lieu de s'en prendre aux régimes terroristes ne seront pas nos partenaires pour façonner l'avenir de la région», a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.
Il a accusé Madrid, avec qui Israël entretient des relations exécrables, de faire preuve d'«hypocrisie» et d'«hostilité», et de «diffamer les soldats de l'armée israélienne».
«J'ai donc ordonné aujourd'hui d'exclure les représentants espagnols du centre de coordination de Kiryat Gat», mis en place sous supervision américaine pour surveiller le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre entre Israël et le mouvement islmaiste palestinien Hamas à Gaza.
Le Centre de coordination militaro-civile (CCMC) est un organisme de surveillance sous supervision américaine de la fragile trêve.
Outre quelque 200 militaires américains, y participent des représentants de plusieurs pays, dont la France, la Grande-Bretagne, les Émirats arabes unis... Ils sont chargés de surveiller la trêve mais aussi superviser la livraison d'aide humanitaire dans le territoire dévasté par deux ans de guerre.
Des représentants espagnols participaient aussi jusqu'à présent au CCMC, basé à Kiryat Gat, dans le sud d'Israël.
Les relations entre Israël et l'Espagne sont au plus bas depuis la reconnaissance par Madrid d'un État palestinien en 2024, et les deux pays ont chacun rappelé leurs ambassadeurs respectifs.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, l'un des critiques les plus virulents de la guerre menée par Israël à Gaza, s'est également opposé à la campagne militaire américano-israélienne contre l'Iran lancée le 28 février.
Madrid a fermé son espace aérien aux avions américains impliqués dans cette guerre et a jugé mercredi «inacceptable» qu'Israël poursuive les combats au Liban après la trêve convenue entre Washington et Téhéran.
L'Espagne n'a établi des relations diplomatiques avec Israël qu'en 1986, après la mort en 1975 du dictateur Francisco Franco, qui n'avait jamais reconnu le pays et entretenait des liens diplomatiques plus étroits avec les États arabes.
AFP



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