Le Parlement israélien a voté mercredi en lecture préalable un projet de loi visant à dissoudre cette instance, ce qui ouvrirait la voie à des élections législatives anticipées.
Sur les 120 députés siégeant à la Knesset, 110 ont approuvé le projet de loi présenté par des députés de la coalition au pouvoir.
Benjamin Netanyahou n’a pas assisté au vote, plusieurs médias israéliens indiquant qu’il menait au même moment des consultations sécuritaires.
L’adoption de cette première lecture ouvre officiellement le processus pouvant conduire à des élections anticipées, actuellement prévues le 27 octobre. Le projet doit désormais être examiné par la commission de la Chambre avant d’être soumis à trois lectures parlementaires au total pour entrer en vigueur.
Le texte ne fixe pas de date précise pour le scrutin, précisant que celle-ci devra être déterminée ultérieurement par la commission parlementaire compétente, dans un délai d’au moins 90 jours après l’adoption définitive de la loi. Selon les scénarios évoqués, les élections pourraient être avancées à septembre ou à la mi-octobre.
Les partis ultra-orthodoxes pousseraient pour un scrutin début septembre, avant les fêtes religieuses juives, afin d’augmenter la participation de leur électorat. Benjamin Netanyahou serait opposé à ce calendrier, préférant maintenir les élections à une date plus proche d’octobre afin de disposer de davantage de temps pour faire avancer certains projets de loi et poursuivre les opérations militaires en cours.
La crise au sein de la coalition s’est aggravée après que les partis ultra-orthodoxes de Judaïsme unifié de la Torah (UTJ) ont annoncé vouloir soutenir la dissolution de la Knesset, reprochant au gouvernement de ne pas avoir réussi à faire adopter une législation garantissant l’exemption du service militaire pour les étudiants des écoles talmudiques.
Selon plusieurs médias israéliens, Netanyahou aurait récemment informé les dirigeants haredim que le projet de loi ne disposait pas du soutien nécessaire au sein de la coalition pour être adopté. Il leur aurait demandé de reporter le dossier après les élections, une proposition rejetée par les partis religieux.
Le dirigeant spirituel de Degel HaTorah, le rabbin Dov Lando, a ainsi appelé les députés du parti à soutenir la dissolution du Parlement, affirmant ne plus avoir confiance en Benjamin Netanyahou. Son porte-parole a confirmé mercredi que cette position restait inchangée.
Dans une ultime tentative pour préserver sa coalition, Netanyahou a remis le projet de loi controversé sur la conscription des haredim à l’ordre du jour de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, où les débats ont repris mercredi matin.
Le texte reste toutefois fortement contesté, y compris au sein de la coalition. Plusieurs députés estiment qu’il vise principalement à satisfaire les partis ultra-orthodoxes sans répondre aux besoins de l’armée israélienne, confrontée à une pénurie importante d’effectifs après plus de deux années de guerre.
Le chef du parti de gauche Les Démocrates, Yaïr Golan, a qualifié le vote de «début de la fin du pire gouvernement de l’histoire d’Israël», estimant que les prochaines élections seraient «les élections du 7-Octobre». Il a accusé le gouvernement d’avoir causé des «dommages sans précédent» au pays.
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett, considéré comme l’un des principaux rivaux potentiels de Netanyahou, a de son côté affirmé que «l’ère de l’évasion de la conscription est terminée», promettant de s’opposer à toute adoption d’une loi d’exemption militaire avant la dissolution définitive du Parlement.
Parallèlement, la coalition tente d’accélérer l’examen de plusieurs projets de loi controversés avant une éventuelle dissolution complète de la Knesset. L’opposition accuse notamment le gouvernement de vouloir réduire les pouvoirs de la procureure générale et d’affaiblir les mécanismes de contrôle de l’exécutif à l’approche des élections.
À la suite du vote, le chef du parti Bleu-Blanc, Benny Gantz, a appelé le président de la Knesset, Amir Ohana, à suspendre l’examen des projets de loi les plus controversés actuellement débattus au Parlement.



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