Moyen-Orient: Iran et Liban visés par les trois quarts des frappes répertoriées par une ONG
Les premiers intervenants se précipitent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé le centre de sécurité d’État libanais, dans la ville de Nabatiyé, au sud du Liban, le 10 avril 2026. ©ABBAS FAKIH / AFP

Environ les trois quarts des frappes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ont ciblé l'Iran ou le Liban, selon une analyse faite par l'AFP à partir de données de l'ONG américaine Acled, spécialisée dans l'observation des conflits.

Au moins 7.700 événements, correspondant à des frappes ou séries de frappes (interceptées ou non) de missiles, drones, roquettes ou bombes ont été comptabilisés par l'ONG entre le 28 février et le 8 avril, première journée du fragile cessez-le-feu conclu entre Téhéran et Washington.

Acled compile des données de différentes sources sélectionnées qu'elle juge fiables (médias, réseaux sociaux, institutions, autres ONG, etc.). Ce décompte ne peut être considéré comme totalement exhaustif.

Le conflit a fait plusieurs milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban.

Iran 

Environ quatre attaques répertoriées sur dix ont ciblé l'Iran. Ces dernières sont attribuées majoritairement à l'armée israélienne seule, les autres étant réalisées par les États-Unis ou par les deux pays conjointement.

Selon l'analyse de l'AFP, dans environ un tiers des cas, la cible de l'attaque peut être identifiée comme étant militaire ou liée aux Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir. Un tiers des attaques n'ont pas de cible identifiée.

Les 6 et 7 avril – soit les deux jours qui ont précédé le cessez-le-feu – ont concentré le plus grand nombre de frappes sur l'Iran, devant les journées des 28 mars et 1er avril.

Liban 

Le Liban, où le mouvement pro-iranien Hezbollah est entré en guerre le 2 mars contre Israël, concentre un tiers des attaques, d'après les données Acled arrêtées pour ce pays au 3 avril.

Les frappes sur le Liban ont été menées en très grande majorité par l'armée israélienne tandis que près de 10% des frappes ont été perpétrées par le Hezbollah contre des positions israéliennes dans le sud du pays.

Le cessez-le-feu de deux semaines conclu le 7 avril entre les États-Unis et l'Iran ne concerne pas le Liban, selon Israël qui a continué de pilonner le pays, notamment Beyrouth.

Des pourparlers entre les deux pays sont prévus la semaine prochaine à Washington, selon une source proche du dossier.

Israël 

Une attaque sur sept a visé Israël, selon les chiffres d'Acled, qui incluent les frappes du Hezbollah jusqu'au 3 avril seulement.

Ces attaques, qui ont été en grande partie interceptées, provenaient dans des proportions quasiment égales de l'Iran et du mouvement islamiste libanais.

Autres pays 

Les principaux pays ciblés par l'Iran et ses alliés ont été des pays du Golfe, au premier rang les Émirats arabes unis (EAU), le Koweït, l'Arabie saoudite et Bahreïn, ainsi que l'Irak, où 40% des attaques ont visé des groupes kurdes et 20% des intérêts américains. Le Qatar et Oman ont été visés dans une moindre mesure.

En Syrie, une centaine d'événements ont été répertoriés par Acled, mais il s'agissait essentiellement d'interceptions de missiles et drones iraniens, menées surtout par Israël. Plusieurs dizaines d'épisodes du même type ont été répertoriés en Cisjordanie et en Jordanie.

En Turquie, quatre tirs de missiles ont été interceptés par l'Otan pour protéger sa base aérienne d'Incirlik (sud), où sont stationnées des troupes américaines.

Cibles privilégiées

Une analyse des frappes par catégorie de cibles montre qu'une quinzaine d'attaques de l'armée israélienne ont visé des ponts ou leurs abords au Liban et une vingtaine en Iran.

Les attaques contre des infrastructures énergétiques en Iran ont été les plus intenses lors des deuxième et troisième semaines du conflit ainsi que durant la semaine marquée par l'annonce du cessez-le-feu. Le site pétrochimique clé d'Assalouyeh, déjà ciblé à la mi-mars, a de nouveau été frappé le 6 avril par Israël.

Acled dénombre à quatre reprises des frappes aux abords de la seule centrale nucléaire d'Iran, à Bouchehr (sud). De nombreux dépôts de carburants iraniens ont en outre été frappés.

Parmi les pétromonarchies du Golfe, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont été les pays dont les infrastructures pétrolières ont été le plus souvent visées, devant le Koweït.

Tous pays confondus, les frappes contre des infrastructures énergétiques ont entraîné des dégâts dans environ 40% des cas, selon l'analyse AFP des données Acled.

Les bases militaires abritant du personnel américain ont été visées une cinquantaine de fois au total, principalement pendant les deux premières semaines du conflit, selon l'analyse AFP des données d'Acled et les informations des bureaux de l'AFP. Celles de Prince Sultan en Arabie saoudite, d'Harir en Irak, d'Ali Al-Salem au Koweït et d'Al-Udeid au Qatar ont été les plus souvent visées.
 

AFP

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