L’escalade militaire se poursuit au Liban-Sud, marquée par une intensification des frappes israéliennes et des tirs de roquettes depuis le Liban. Dimanche en soirée, plusieurs localités ont été visées, notamment Nabatiyé, Deir Qanoun al-Nahr, Bazouriyé, Chakra, Al-Tiri, ainsi que Majdal Selm, Bourj Qlaouiyé, Srifa, Kfour et Debbine. D’autres frappes ont été signalées à Choukine, Kfar Remman, Yohmor al-Chaqif et sur une station al-Amana à Beit Yahoun.
Le bilan humain continue de s’alourdir. À Bazourié, une frappe israélienne visant une moto a fait un mort, selon l’Agence nationale d’information. À Beit Yahoun, un secouriste de la Croix-Rouge, Hussein Badaoui, a été tué et un autre blessé dans une frappe de drone, soulignant une nouvelle fois l’exposition des personnels de secours.
مساء اليوم وأثناء تنفيذ مهمة إنسانية في موقع على طريق بلدة بيت ياحون, تعرضت فرق الصليب الأحمر اللبناني للإستهداف المباشر من مسيرة إسرائيلية، فأدى ذلك إلى استشهاد المسعف حسن بدوي واصابة مسعف آخر بجروح طفيفة وجرى نقلهما إلى مستشفى تبنين الحكومي. pic.twitter.com/fXHvk7mwv8
— Lebanese Red Cross (@RedCrossLebanon) April 12, 2026
En parallèle, les tirs de roquettes vers Israël se sont intensifiés. Selon la chaîne israélienne Channel 12, une cinquantaine de projectiles ont été lancés depuis le Liban vers le nord du pays durant la journée, certains interceptés par les systèmes de défense, d’autres tombant dans des zones ouvertes.
Des tirs d’armes à feu ont également été entendus en soirée dans la ville de Khiyam, en proie à des combats depuis plus d’un mois. Plus tôt dans la journée, Bint-Jbeil était le théâtre de violents combats dans l’après-midi, où l’armée israélienne tentait d’encercler les combattants du Hezbollah présents au sein de la ville.
Dans ce contexte, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a dénoncé plusieurs incidents impliquant l’armée israélienne. Selon un communiqué, des chars Merkava ont percuté à deux reprises des véhicules onusiens, causant des dégâts importants. Des tirs de sommation ont également été signalés, dont l’un est tombé à un mètre d’un Casque bleu.
La Finul accuse en outre les forces israéliennes d’entraver sa liberté de mouvement, notamment à Bayada et le long de la Ligne bleue, ainsi que d’avoir détruit des caméras de surveillance à Naqoura. Elle estime que ces actions contreviennent à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies et entravent sa mission d’observation.
Déclarations politiques et lourd bilan humain
Sur le plan politique, les déclarations des responsables israéliens et libanais reflètent une escalade assumée. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est rendu dimanche au Liban-Sud pour une évaluation sécuritaire aux côtés du ministre de la Défense Israel Katz et du chef d’état-major Eyal Zamir, en présence de hauts responsables militaires.
Dans une vidéo diffusée sur son compte X, Netanyahou a affirmé qu’Israël avait «déjoué la menace d’invasion au Liban» et obtenu des «résultats remarquables», tout en reconnaissant que «du travail reste à faire». Il a également estimé que son pays avait « fondamentalement changé le visage du Moyen-Orient».
היום בלבנון עם הלוחמים הגיבורים שלנו pic.twitter.com/ycjhdZDNIL
— Benjamin Netanyahu - בנימין נתניהו (@netanyahu) April 12, 2026
De son côté, Israel Katz a adopté un ton plus offensif, affirmant que le Hezbollah, créé selon lui pour protéger l’Iran, devait désormais «payer le prix» de son engagement dans la guerre.
Au Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a livré un discours plus introspectif à la veille du 13 avril, date anniversaire du déclenchement des guerres du Liban (1975-1990). Il a appelé à tirer les leçons du passé, mettant en garde contre les divisions internes et le recours à des appuis extérieurs.
A 48 heures d’une rencontre entre les ambassadeurs du Liban et d’Israël à Washington, le Premier ministre a insisté sur la souffrance des populations du Sud, et a réaffirmé la volonté des autorités de parvenir à un cessez-le-feu et de permettre aux institutions légitimes d’exercer pleinement leur rôle. Enfin, il a plaidé pour une application intégrale de l’accord de Taëf, garant selon lui d’un État «juste, fort et unifié».
Sur le plan humain, le bilan global reste particulièrement lourd. Selon le centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé publique, 2 055 personnes ont été tuées et 6 588 blessées depuis le 2 mars, témoignant de l’intensité des affrontements et de leurs conséquences sur la population civile.




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