Iran : méfiance affichée après l’échec des négociations, «aucune confiance dans la partie adverse»
Une femme passe devant une fresque anti-américaine représentant les négociations entre l'Iran et les États-Unis, près de l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, le 11 avril 2026. ©ATTA KENARE / AFP

Les responsables iraniens ont réagi avec fermeté, dimanche, à l’issue des négociations avec les États-Unis tenues au Pakistan, marquées par l’absence d’accord après des discussions marathon de 21 heures.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé sur X que Téhéran avait abordé les pourparlers « avec la bonne foi et la volonté nécessaires », tout en soulignant une profonde défiance envers Washington. « Nous n’avons aucune confiance dans la partie adverse », a-t-il écrit, évoquant « les expériences des deux guerres précédentes ». Il a ajouté que « la partie adverse n’a finalement pas réussi à gagner la confiance de la délégation iranienne ».

 

Malgré ce constat, Ghalibaf a laissé entrevoir une possible poursuite des discussions, estimant que « l’Amérique a compris notre logique et nos principes » et qu’il lui revient désormais de « décider si elle peut gagner notre confiance ou non ». Il a également insisté sur la complémentarité entre diplomatie et rapport de force, affirmant que l’Iran considère les négociations comme « une autre méthode de diplomatie de puissance, aux côtés de la lutte militaire ».

Ces déclarations interviennent après les propos du vice-président américain JD Vance, qui a assuré que Washington avait présenté sa « meilleure et dernière offre », accusant l’Iran d’avoir « choisi de ne pas accepter » les conditions américaines.

La réaction iranienne a été relayée par l’ancien chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, qui a critiqué la posture américaine : « Les États-Unis doivent apprendre : on ne dicte pas ses conditions à l’Iran », tout en estimant qu’il n’était « pas trop tard » pour ajuster leur approche.

Sur le fond, plusieurs responsables iraniens pointent des désaccords majeurs ayant conduit à l’échec des discussions, notamment sur le détroit d’Ormuz, le devenir de l’uranium hautement enrichi et la question des réparations liées aux frappes américano-israéliennes.

 

Le président iranien Masoud Pezeshkian a, de son côté, attribué l’impasse au « totalitarisme » des États-Unis lors d’un échange avec son homologue russe Vladimir Poutine. « Si les États-Unis respectent les cadres juridiques internationaux, un accord ne sera pas loin », a-t-il déclaré, selon la télévision d’État IRIB.

Malgré la rhétorique dure, Téhéran ne ferme pas la voie diplomatique. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a indiqué que l’Iran continuerait « à rapprocher les points de vue américains et iraniens », reconnaissant que les discussions se sont tenues « dans un climat de méfiance et de scepticisme » après « 40 jours de guerre ».

Ces négociations constituaient le plus haut niveau de contact direct entre responsables américains et iraniens depuis 1979.

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