Au Canada, Mark Carney remporte la majorité au Parlement
Le Premier ministre du Canada et chef du Parti libéral, Mark Carney, salue ses partisans lors d'une fête de victoire à Ottawa, Ontario, le 29 avril 2025. Le Premier ministre Mark Carney a remporté les élections canadiennes du 28 avril 2025, menant son Parti libéral à un nouveau mandat au pouvoir. ©Dave Chan / AFP

Le Premier ministre canadien Mark Carney a décroché lundi une majorité parlementaire, un an après son arrivée au pouvoir, obtenant les coudées franches pour accélérer les réformes visant à remanier une économie menacée par les États-Unis.

Trois législatives partielles avaient lieu lundi en Ontario et au Québec et le parti libéral de M. Carney a remporté les trois circonscriptions, dont deux à Toronto ainsi que celle de Terrebonne au Québec.

Mark Carney, ancien banquier central, avait créé la surprise en remportant les élections législatives l’an dernier mais n’était pas parvenu à obtenir la majorité absolue en sièges.

M. Carney a félicité les nouvelles députées libérales — Tatiana Auguste, Danielle Martin et Doly Begum — dans un communiqué publié mardi matin sur X.

«Ce soir, les électeurs ont accordé leur confiance au programme de notre nouveau gouvernement», a déclaré M. Carney, ajoutant que «l’heure est venue de nous unir afin de bâtir un Canada fort pour tous».

Avec ces victoires, son gouvernement est en principe à l’abri jusqu’en 2029. Le dernier Premier ministre à disposer d’une majorité au Parlement avait été Justin Trudeau entre 2015 et 2019.

La stature d’économiste habitué à la gestion de crises de M. Carney avait convaincu l’an passé des Canadiens inquiets pour l’avenir de leur pays, que Donald Trump rêve de transformer en 51e État américain.

«Nous sommes au milieu d’une transformation qui va redéfinir le pays pour les générations à venir», a lancé Mark Carney pendant le week-end devant ses partisans, les appelant à mettre les «différences de moindre importance» de côté.

«Des députés ont changé de camp pour rejoindre notre équipe. Ils comprennent l’importance de ce qui est en jeu. Ils ont la conviction qu’ensemble, nous pouvons mieux y arriver.»

«Canada plus fort» 

Depuis son élection, Mark Carney a annoncé des augmentations massives des dépenses militaires, affirmant que le Canada ne pouvait plus compter sur Washington pour sa sécurité. Il a aussi multiplié les voyages à l’étranger à la recherche de nouveaux accords commerciaux en Asie et en Europe.

Dans la soirée, Danielle Martin, tout juste élue à Toronto, s’est réjouie que les libéraux «aient obtenu un mandat encore plus fort pour continuer à bâtir un Canada meilleur».

Dans le contexte mondial actuel, une majorité «va renforcer un peu la position» du gouvernement de Mark Carney, a noté Ramon Ponce, retraité et électeur dans la circonscription de Terrebonne au Québec.

Dans les rues de Toronto, Jeyaram Duraisingam a voté libéral car il salue les positions prises par Mark Carney face à Donald Trump.

«Il est prêt à aller sur le terrain, à nouer des liens avec l’Europe et avec différents pays, et à renforcer ces relations. Je pense que c’est important», a-t-il déclaré.

«Volonté de rassembler»

Le retour de Donald Trump au pouvoir a particulièrement ébranlé les Canadiens qui ont rapidement constaté les effets de sa politique.

L’économie a ralenti au cours de l’année écoulée, affectée par l’imposition de droits de douane américains sur des secteurs clés comme l’acier ou l’automobile.

Sans basculer en récession, le pays a vu les suppressions d’emplois se multiplier dans les secteurs exposés et les embauches ralentir ailleurs, en mars, le chômage s’est établi à 6,7%.

Mais dans ce contexte, Mark Carney est parvenu à créer une dynamique derrière lui en «mettant l’accent sur le moment historique que nous vivons», estime la politologue Geneviève Tellier de l’Université d’Ottawa.

«Et jusqu’ici, sa volonté de rassembler semble fonctionner», ajoute-t-elle auprès de l’AFP. «Dans un moment de grande polarisation politique, il cherche à démontrer qu’il peut travailler avec tout le monde».

Ces dernières semaines, il est parvenu à obtenir des ralliements spectaculaires de la part de quatre députés conservateurs et d’une députée NPD.

Selon un sondage Nanos réalisé ce mois-ci, M. Carney est le Premier ministre préféré de 54% des personnes interrogées. Seuls 23% d’entre elles préfèrent son principal opposant, le conservateur Pierre Poilievre, qui a accusé de trahison les députés de son parti ayant changé de camp, parlant d’«accords secrets».

Une épée de Damoclès pèse toutefois au-dessus de Mark Carney : la question du pouvoir d’achat.

Plus de 40% des Canadiens disent ressentir une pression financière moyenne ou élevée, notamment en raison du coût de l’alimentation et de leur niveau d’endettement, selon la même enquête.

AFP

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