Les incendies au Canada enfument l'est des États-Unis avant la finale du Mondial
Une personne fait son jogging alors que la fumée des feux de forêt provenant du Canada rend l'atmosphère brumeuse, le 16 juillet 2026 à New York. ©ANGELA WEISS / AFP

La fumée des incendies qui ravagent le Canada et l'État américain du Minnesota a recouvert vendredi plusieurs grandes villes des États-Unis d'un épais nuage de pollution, suscitant des inquiétudes à deux jours de la finale de la Coupe du monde 2026, prévue près de New York.

Jugeant cette situation «totalement inacceptable», le président américain Donald Trump a vivement critiqué le Canada, où les autorités ont indiqué que plus de 200 incendies restaient hors de contrôle.

Enveloppée d'un brouillard jaunâtre, Detroit était vendredi la ville la plus polluée au monde, selon le site spécialisé IQAir, devant Washington et Chicago.

Les autorités sanitaires recommandent à la population de limiter les activités extérieures ou de porter un masque en cas de sortie.

Dans la région de New York, où l'Espagne et l'Argentine s'affronteront dimanche dans un stade à ciel ouvert, la qualité de l'air s'est améliorée depuis jeudi, mais demeure considérée comme dangereuse pour les personnes les plus vulnérables.

Selon le Service météorologique national américain (NWS), la fumée pourrait toutefois s'épaissir au cours de la nuit.

Les organisateurs «surveillent de près» la situation, a indiqué Andrew Giuliani, responsable de l'équipe de la Maison-Blanche chargée de l'organisation du Mondial 2026, lors d'un point de presse.

L'application officielle de sécurité destinée aux supporters recommande également de rester à l'intérieur ou de porter un masque.

Impact sur les poumons

Peter Mullinax, météorologue au NWS, a déclaré à l'AFP que les vents pourraient maintenir un ciel brumeux sur le nord-est des États-Unis, tout en estimant que les prévisions annoncent une amélioration.

«Je ne pense pas que cela ait autant d'impact que si vous deviez jouer un match aujourd'hui», a-t-il assuré.

Pour Joel Dreessen, prévisionniste de la qualité de l'air dans l'État du Maryland, l'évolution dépendra des orages attendus durant le week-end.

«Certains modèles commencent à indiquer que les niveaux de fumée vont commencer à baisser», explique-t-il.

Donald Trump a, de son côté, accusé le Canada sur Truth Social: «Nous tenons le Canada pour responsable du fait qu'il n'entretient pas correctement ses forêts (...) et les États-Unis se retrouvent inutilement envahis par un air sale, pollué et dangereux pour la santé (...), totalement inacceptable!»

Dans les États les plus proches des incendies, notamment le Michigan, le Minnesota et le Wisconsin, certaines zones enregistrent depuis plusieurs jours une qualité de l'air jugée «dangereuse», poussant les habitants à porter un masque.

À New York, des masques ont été distribués gratuitement dans les gares et les bibliothèques.

Chris Carlsten, professeur à l'Université de Colombie-Britannique, explique qu'un nombre croissant d'études montre que les particules fines issues des incendies de forêt ont un impact particulièrement important sur les poumons, tandis que la pollution automobile affecte davantage le système cardiovasculaire.

Il souligne également que des substances provenant de peintures, de plastiques ou de métaux peuvent se mêler aux fumées, qui deviennent plus toxiques au fil de leur déplacement sous l'effet d'un «vieillissement photochimique».

Face à cette nouvelle réalité des étés nord-américains, il recommande l'utilisation de filtres à air à l'intérieur des bâtiments et le port du masque à l'extérieur.

Lien avec le changement climatique

Experts et organisations environnementales soulignent le lien entre la multiplication de ces épisodes et le changement climatique.

«Un ciel de plus en plus enfumé souligne l'urgence d'une transition rapide vers les énergies propres plutôt que la construction de nouvelles infrastructures liées aux combustibles fossiles», estime Paul Mathewson, directeur des programmes scientifiques de l'organisation Clean Wisconsin.

Selon lui, le changement climatique prolonge la saison des incendies en raison de températures plus élevées et d'un assèchement des sols.

La situation continue de se dégrader au Canada où, selon le Centre interservices des feux de forêt, plus de 200 incendies restent hors de contrôle, principalement en Ontario.

Aucune victime n'a été signalée dans cette province, mais plusieurs villages isolés ont dû être évacués.

Si la saison reste, pour l'heure, moins dramatique que celle de 2023, année record, la violence des incendies s'est nettement intensifiée au cours de la dernière semaine.

Dans le même temps, 16 feux sont actifs dans une forêt du Minnesota, à la frontière canadienne.

Le Service forestier américain a averti que «les prévisions de conditions météorologiques instables, de vents changeants et de risques isolés de rafales destructrices et d'orages vont constituer un défi pour les opérations de lutte contre les incendies».

AFP

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