Un journaliste américano-koweïtien est emprisonné au Koweït depuis des semaines, accusé notamment de diffusion de fausses informations, selon le Comité pour la protection des journalistes, alors que les pays du Golfe répriment le partage d'images de la guerre au Moyen-Orient.
Ahmed Shihab-Eldin, un journaliste indépendant ayant travaillé pour le New York Times, Al Jazeera English ou la télévision américaine PBS, n'a rien publié en ligne ni été vu au Koweït, où il s'était rendu pour voir sa famille, depuis le 2 mars, selon le Comité, CPJ.
L'un de ses derniers posts sur les réseaux montrait une vidéo d'un des avions de combat américains abattus par erreur au Koweït par sa défense aérienne, aux premiers jours du conflit déclenché le 28 février par l'offensive américano-israélienne en Iran.
«Il semblerait que les autorités l'ont inculpé pour diffusion de fausses informations, atteinte à la sécurité nationale, et mauvais usage de son téléphone portable», des accusations «vagues et excessivement larges régulièrement utilisées pour réduire au silence les journalistes indépendants», écrit le CPJ dans son communiqué.
Des centaines de personnes ont été arrêtées à travers le Golfe depuis le début du conflit pour avoir partagé des images d'attaques de drones ou de missiles tirés en représailles par l'Iran, de dégâts ou de débris d'interceptions.
Ces tirs ont été quasi quotidiens depuis le début du conflit le 28 février, et jusqu'à l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.
Les journalistes ont également été inquiétés pour ce genre d'images, et interdits dans certains pays de filmer ou de prendre des photos de dégâts causés par la guerre.
Les autorités ont évoqué des questions de sécurité, le CPJ critique une «censure de plus en plus stricte de la presse».
Cité par le communiqué du CPJ, sa directrice pour la région, Sara Qudah, appelle à «la libération d'Ahmed Shihab-Eldin et l'abandon des poursuites à son encontre.
Son cas «reflète une tendance plus globale à utiliser les lois sur la sécurité nationale pour étouffer la critique et contrôler le récit», ajoute-t-elle.
Aux Émirats arabes unis selon la police d'Abou Dabi, des centaines de personnes ont été arrêtées pour avoir filmé ou diffusé des «fausses informations» liées à la guerre.
Au Qatar, plus de 300 personnes ont été arrêtées, accusées d'avoir partagé des «informations trompeuses».
Des arrestations similaires ont été rapportées à Bahreïn et au Koweït.
AFP


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