Il est minuit. Le cessez-le-feu entre en vigueur. Et le Hezbollah décide de fêter ça.
Des dizaines de roquettes. Des tirs à l’aveugle, dans tous les sens, en pleine ville. Dans le ciel d’une capitale de 2 millions d’habitants, Beyrouth. Des tirs qui font des victimes.
Fêter quoi, exactement? Une victoire? Où ça? Laquelle? Celle d’un pays avec plus d’un million de déplacés? Celle d’un Sud-Liban détruit, dont personne ne sait comment il sera reconstruit, s’il l’est un jour, faute d’argent? Des milliards de dollars de dégâts en quarante-cinq jours. Dans un pays déjà à terre depuis la guerre de 2024, menée par le même Hezbollah, au détriment des mêmes Libanais. Et qui avait provoqué 14 milliards de dollars de pertes.
Et pourtant, ce jeudi soir, des idiots ont tiré des roquettes B7 et des balles traçantes pour fêter ça!
Le problème des projectiles qu’on envoie en l’air, c’est qu’ils retombent. C’est de la physique. Mais ces gens-là savent-ils seulement ce que le mot gravité veut dire? Ces balles et ces roquettes ont fini sur des toits, des terrasses, parfois des gens. Dans une ville qui n’a rien demandé et qui paie depuis des décennies.
Il y a une logique, pourtant. Celle qui a conduit le Liban là où il est. Ces arriérés confondent le bruit et la violence avec la victoire. Les partisans d’une milice aux ordres d’un régime étranger qui n’a jamais prospéré autrement que par la destruction.
Le Hezbollah aura réussi à faire des victimes libanaises pendant la guerre, et encore au moment où, peut-être, elle s’arrête. Bien sûr, l’État entend arrêter les auteurs de ces tirs. Encore faut-il que l’armée libanaise puisse avoir accès à la banlieue sud de Beyrouth.
On aurait pu penser qu’après les épreuves de ces jours de fureur, le cessez-le-feu soit peut-être le moment du recueillement, des larmes et des excuses d’avoir jeté le pays en enfer. Il n’en est rien.
Pardonnez la trivialité de la conclusion, mais elle est si adaptée.
Dans le film «Les Tontons flingueurs» (déjà) Michel Audiard fait dire à Lino Ventura «les cons, ça ose tout. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît».




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