Une trêve et deux chemins
©Ici Beyrouth

Le Liban n’en est pas à sa première trêve. Depuis des décennies, ces accalmies ponctuent une histoire tourmentée, comme des parenthèses fragiles dans un récit dominé par les crises. Mais toutes ont fini par voler en éclats. À chaque fois, l’espoir d’un retour durable à la stabilité a été balayé par les mêmes logiques : fragmentation interne, armes hors du contrôle de l’État et interventions extérieures.

Ces trêves n’étaient pas des fins en soi. Elles auraient dû être des ponts vers la paix. Elles ont été, trop souvent, des illusions.

Une trêve n’a de sens que si elle mène à la paix

Aujourd’hui, une nouvelle trêve s’impose. Mais il faut le dire clairement : une trêve qui ne mène pas à la paix est une trêve inutile. Pire, elle devient un simple répit avant une rechute encore plus violente.

Le Liban ne peut plus se contenter de suspendre la guerre. Il doit en sortir définitivement. Le chemin de la trêve doit impérativement aboutir à une paix réelle, durable, fondée sur un État souverain, des institutions fortes et le monopole de la force légitime.

Sans cela, cette trêve rejoindra la longue liste de celles qui ont échoué.

Le Hezbollah, obstacle structurel

Il faut également nommer les responsabilités sans détour. Le Hezbollah n’est pas un acteur neutre dans cette séquence. Il est au cœur du problème.

C’est lui qui, par ses décisions unilatérales, a entraîné le Liban dans des confrontations que les Libanais ne souhaitaient pas. C’est lui qui a contribué à ouvrir des fronts, à imposer une logique de guerre permanente et à faire du pays un terrain d’affrontement au service d’intérêts qui le dépassent.

Le Hezbollah est une milice armée, structurée autour d’une idéologie qui repose sur la confrontation, la soumission et l’allégeance à un autre État : l’Iran. Cette idéologie n’est pas compatible avec l’idée d’un État libanais souverain. Elle ne l’a jamais été.

Plus encore, cette idéologie porte en elle une contradiction profonde : elle empêche toute véritable paix. Non seulement avec les autres composantes du pays, mais aussi en son propre sein. Une organisation fondée sur la lutte permanente ne peut, par définition, s’inscrire dans une logique de stabilité durable.

Deux chemins, un choix imminent

Aujourd’hui, le Liban est à la croisée des chemins. Et le temps est compté.

D’un côté, il y a le chemin de la résurrection. Celui d’un État qui se relève, qui retrouve sa souveraineté, qui répond enfin à la volonté de son peuple : vivre en paix, reconstruire une économie viable, restaurer la dignité nationale et renouer avec sa vocation culturelle et démocratique.

De l’autre, il y a un chemin que les Libanais connaissent déjà trop bien. Celui de la répétition des crises, de l’effondrement économique, de la misère sociale et de la violence chronique. Un chemin où le Liban reste prisonnier d’agendas extérieurs, utilisé comme levier dans des conflits qui ne sont pas les siens.

Ce second chemin mène à une seule certitude : la perpétuation du déclin.

L’heure des actes

Il reste peu de temps. Quelques jours à peine pour que cette trêve prenne une direction claire.

L’heure n’est plus aux déclarations ni aux calculs. Elle est aux décisions, aux actes qui engagent réellement l’avenir du pays, aux choix qui restaurent l’autorité de l’État, qui mettent fin à la prolifération des armes hors contrôle et qui réaffirment l’indépendance nationale.

Il ne peut plus y avoir de place pour des milices, pour des bras armés parallèles, pour des allégeances extérieures.

Refuser la fatalité

Le Liban n’est pas condamné à répéter son histoire. Mais pour cela, il doit rompre avec ce qui l’a systématiquement ramené en arrière.

Une trêve est une opportunité. Mais elle peut aussi être un piège si elle n’est pas suivie d’un sursaut collectif.

Le choix est désormais simple, presque brutal : soit le Liban transforme cette trêve en paix et en renaissance, soit il s’enfonce une fois de plus dans un cycle qu’il connaît déjà et qui pourrait, cette fois, lui être fatal.

Le Liban mérite mieux. Il mérite d’être libre, indépendant et en paix. Et cela commence maintenant.

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