Les prix du pétrole s’envolent à nouveau lundi dans les échanges asiatiques, le baril de WTI bondissant de quelque 7%, après la saisie d’un cargo iranien par les États-Unis et alors que l’Iran continue de paralyser le trafic dans le détroit d’Ormuz.
Les Bourses asiatiques progressaient malgré tout, mais sur une note prudente.
Le pétrole flambe, l’inquiétude revient
Vers 00H45 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, grimpait de 7,39% à 90,05 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait 6,06% à 95,86 dollars.
Après l’optimisme sur un apaisement au Moyen-Orient et sur la perspective d’une reprise des pourparlers entre Washington et Téhéran, qui avait fait chuter les prix du pétrole la semaine dernière, la situation s’est drastiquement retournée ce week-end.
L’Iran a promis lundi de «riposter bientôt» à la prise de contrôle par la marine américaine d’un de ses cargos. Le président américain Donald Trump avait annoncé plus tôt que la marine américaine avait ouvert le feu sur le cargo iranien Touska dans le golfe d’Oman et en avait pris le contrôle.
Par ailleurs, Téhéran ne compte actuellement pas «participer à la prochaine session de discussions Iran/États-Unis», a rapporté dimanche la télévision d’État iranienne.
Face au maintien du blocus américain de ses ports, l’Iran avait annoncé samedi en reprendre «le strict contrôle», revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime où transite d’ordinaire un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz.
«L’information ayant le plus d’impact sur les marchés est sans conteste la saisie d’un navire iranien par l’armée américaine dans le golfe d’Oman, l’Iran ayant aussitôt annoncé qu’il exercerait des représailles», souligne Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.
«Le ton est à l’aversion au risque en ce début de semaine (...) La normalisation du transit par Ormuz avait été perçue comme une victoire diplomatique majeure. Toutefois, en l’absence d’un accord global sur le programme nucléaire iranien, le cessez-le-feu demeurait fragile», insiste-t-il.
«Les flux transitant par Ormuz étant à nouveau totalement interrompus, les opérateurs réévaluent désormais les probabilités ainsi que le calendrier d’une normalisation logistique, et ajustent leurs positions» après «les hypothèses plus constructives» de la semaine dernière, note M. Weston.
Prudence des Bourses d’Asie, attentistes
À la Bourse de Tokyo vers 00H45 GMT, l’indice vedette Nikkei grimpait de 0,80% à 58.951 points, et l’indice élargi Topix de 0,65% à 3.785 points.
À Séoul, l’indice Kospi progressait de 0,52%. Sydney en revanche cédait 0,40%.
Face aux revirements sur la situation en Iran, les marchés asiatiques confortaient leurs gains de la semaine dernière.
«Cependant, la hausse des prix du pétrole brut pourrait limiter cette progression. Face à la possibilité d’une forte volatilité», les opérateurs pourraient privilégier «les actions des entreprises ayant publié de solides résultats» trimestriels récemment, notent les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.
L’or trébuche, le dollar résiste
L’or reculait de 1,45% vers 00H45 GMT, à 4.762 dollars l’once.
La prolongation du conflit au Moyen-Orient et la récente escalade avivent les perspectives de tensions inflationnistes durables, ce qui rend plus probable le maintien des taux d’intérêt par les banques centrales, voire leur relèvement.
Et ce au détriment de l’or, le métal jaune étant une valeur refuge n’apportant aucune rémunération.
De son côté, la monnaie américaine grimpait de 0,19 % face à la devise japonaise, à 158,96 yens pour un dollar.
AFP



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