Le gouvernement taliban afghan a affirmé samedi que des Afghans ayant fui au Qatar par peur de représailles dans leur pays après avoir aidé l'armée américaine peuvent rentrer en toute confiance».
«Selon des reportages dans les médias, un certain nombre de ressortissants afghans en attente d'un visa américain au Qatar se sont vu proposer de choisir entre un rapatriement en Afghanistan et une relocalisation dans un pays tiers», a écrit Abdul Qahar Balkhi, porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, sur X.
«Le ministère rappelle que l'Afghanistan est une patrie partagée pour tous les Afghans et invite ceux qui sont concernés à rentrer (...) en toute confiance et tranquillité d'esprit».
Environ 1 100 Afghans sont coincés depuis 2021 dans une ancienne base américaine au Qatar. Ils ont fui par crainte d'être persécutés par les autorités talibanes pour avoir collaboré avec les États-Unis sous le gouvernement soutenu par l'Occident qui s'est effondré en 2021, peu après le retrait des troupes américaines d'Afghanistan.
Ils devaient être enregistrés au Qatar avant de pouvoir rejoindre les États-Unis dans le cadre d'un programme lancé par l'ancien président Joe Biden pour les Afghans ayant aidé les forces américaines contre les combattants talibans.
Mais depuis que l'administration du président Donald Trump a démantelé ce programme, leur sort est incertain.
L'ONG #AfghanEvac, dirigée par un ex-militaire américain, a affirmé cette semaine que Washington a proposé à ces Afghans d'être relocalisés en République démocratique du Congo (RDC), pays en proie à de multiples conflits, ou de retourner en Afghanistan.
«On ne transfère pas des alliés de guerre dont les antécédents ont été vérifiés, dont plus de 400 sont des enfants, qui se trouvaient sous la garde des États-Unis, vers un pays en pleine décomposition», a dénoncé Shawn VanDiver, président de cette ONG.
«Le transfert de la population du camp (au Qatar) vers un pays tiers constitue une solution positive qui permet aux personnes encore présentes de commencer une nouvelle vie en dehors de l'Afghanistan en toute sécurité», a déclaré un porte-parole du département d'État américain sans confirmer l'option RDC.
Le gouvernement taliban a lui affirmé qu'«il n'y a pas de menace sécuritaire en Afghanistan».
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a indiqué dans un rapport en février que «29 arrestations et détentions arbitraires ainsi que six cas de tortures et de mauvais traitements contre des responsables de l'ancien gouvernement afghan» et des ex-forces de sécurité, «y compris certains rentrés en Afghanistan» ont été documentés par l'ONU entre le 6 novembre 2025 et le 25 janvier 2026.
AFP



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