Grève d’avertissement des contractuels de la fonction publique
La Commission des contractuels de l’administration publique réclame une prime urgente, une hausse des indemnités et des mesures face à la situation des travailleurs déplacés, tout en avertissant d’une possible escalade. ©Al-Markazia

La Commission des contractuels de l’administration publique a appelé à une grève d’avertissement lundi prochain, dénonçant la poursuite des retards dans le paiement de six salaires pourtant approuvés.

Dans un communiqué, publié samedi, la commission affirme que «six salaires ont été validés mais n’ont toujours pas été versés, alors que les taxes sont imposées et collectées sans délai». Elle estime que les déclarations du ministre des Finances soulèvent de «sérieuses interrogations quant à l’engagement de l’État à respecter ses décisions» et consacrent «une réalité inacceptable consistant à faire porter aux employés le coût de l’effondrement».

La commission considère que la situation actuelle «ne relève pas d’un simple retard technique, mais d’un recul délibéré et d’un désengagement manifeste vis-à-vis des droits des travailleurs». Elle juge inacceptable que «les impôts soient perçus immédiatement, tandis que les droits des fonctionnaires sont gelés pour une durée indéterminée», y voyant «une politique qui érode ce qui reste de confiance entre les employés et l’État».

Elle souligne en outre que ces six salaires, désormais en suspens, «ne couvrent même plus le coût de l’inflation depuis leur approbation jusqu’à aujourd’hui», notant que le déficit ne cesse de se creuser et que «les solutions temporaires ne sont plus efficaces». Le non-paiement de ces rémunérations constitue, selon elle, «une atteinte directe à nos droits», ajoutant que les propos du ministre des Finances représentent «un recul inacceptable» auquel elle entend répondre «par tous les moyens légitimes».

Dans son appel, la commission s’adresse également à ses collègues dans les différentes administrations, en particulier au sein du ministère des Finances, estimant que «le silence n’est plus acceptable à ce stade» et appelant à «une position claire et explicite» face à la situation.

Elle a par ailleurs appelé à adopter la proposition du président de la République visant à accorder une prime urgente à l’ensemble des fonctionnaires du public d’un montant minimum de 1.000 dollars, à relever l’indemnité de transport à 1,5 million (de livres libanaises), avec la possibilité de rotation dans les lieux de travail en attendant cette revalorisation, ainsi qu’à examiner la situation résultant du déplacement forcé des travailleurs et à mettre en place les mécanismes appropriés pour y faire face.

La Commission des contractuels a enfin annoncé que la grève prévue lundi prochain constitue «une première étape », avertissant qu’une escalade pourrait suivre «en fonction de l’ampleur de l’ignorance persistante» de leurs revendications.

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