Détroit d'Ormuz: Paris et Londres avancent leur pion diplomatique
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, prend la parole lors de la 11e Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) au siège des Nations unies à New York, le 27 avril 2026. ©Angela Weiss / AFP

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé vendredi que le projet américain d'une coalition pour rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz ne viendrait pas concurrencer une mission que la France et le Royaume-Uni veulent mettre en place.

Avant le début de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l'Iran, le 28 février, un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde passait par le détroit. Alors qu'une trêve est en vigueur depuis le 8 avril, ce passage reste soumis à un double blocus américain et iranien, secouant l'économie mondiale.

S'exprimant à Abou Dabi à l'issue d'une tournée régionale, M. Barrot a indiqué avoir informé ses alliés du Golfe de l'initiative franco-britannique, désormais à un stade «avancé». M. Barrot a estimé que le projet américain n'était pas «de même nature» que celui initié par la France et le Royaume-Uni, auquel «plusieurs dizaines» de pays ont annoncé qu'ils contribueraient «certainement». Il s'inscrit «dans une forme de complémentarité» et n'est «pas concurrent» de l'initiative franco-britannique.

Mi-avril, plusieurs pays «non-belligérants», dont la France et le Royaume-Uni, s'étaient dits prêts à mettre en place «une mission neutre» de sécurisation du détroit. L'objectif est «d'accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe», a déclaré le président français Emmanuel Macron. Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait parlé d'une force «pacifique et défensive».

Jeudi, un responsable du département d'État américain a indiqué que l'administration américaine avait demandé à ses ambassades de convaincre ses alliés de rejoindre une coalition internationale chargée de sécuriser Ormuz. Le «Mécanisme de liberté maritime» (MFC) prendra «des mesures pour garantir un passage en toute sécurité, notamment en fournissant des informations en temps réel, des conseils en matière de sécurité et une coordination», a expliqué ce responsable.

Un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de poursuivre son blocus des ports iraniens «pendant des mois si nécessaire», alors que les négociations entre l'Iran et les États-Unis visant à obtenir une fin durable de la guerre sont au point mort. En réaction, le pétrole a bondi jeudi à plus de 125 dollars le baril.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire